Le tribunal des affaires économiques de Lyon a validé lundi 27 avril l’offre de reprise de l’entreprise chimique Polytechnyl située à la fois dans la vallée de la chimie et dans la Drôme, par le fonds américain Lone Star. Avec cette importante conséquence sur l’emploi : 500 emplois disparaissent à Saint-Fons et à Valence. « Une décision qui marque la mort d’un fleuron chimique français reconnu pour ses savoir-faire dans les polyamides », déplore le député PS de la Drôme Pierre Jouvet.
Pour ce dernier, « les alertes répétées des salariés et de l’intersyndicale n’auront pas été entendues, nos territoires en payent désormais le prix fort. »
En effet, détaille-t-il, « depuis 2019, la reprise des sites de Saint-Fons et Valence par Domo Chemicals a affaibli les savoir-faire, asséché les ressources, et creusé des pertes atteignant 94 millions d’euros en 2024 puis 120 millions en 2025. De plus, comme on l’a déjà vu à Pont-de-Claix avec Vencorex, la désintégration d’un acteur d’envergure comme Polytechnyl fragilise, en cascade, toute la plateforme industrielle chimique de Saint-Fons. »
L’offre validée aujourd’hui prévoit en effet le maintien de seulement 72 emplois sur 550 mais également la disparition de l’outil industriel, et la fin de la production en France.
Elle acte presque 500 suppressions d’emplois directs, et d’une centaine d’emplois chez les sous-traitants.
« C’est un choc industriel et social pour la Vallée de la Chimie : des entreprises comme Elkem, Suez, Syensqo ou Kem One risquent d’être directement menacées », déplore le député.
Ce dernier « veut également alerter avec force sur la situation des 128 salariés en congé de reclassement, aujourd’hui sans salaire, sans allocations chômage et sans RSA. Leur situation sociale tragique appelle une réponse immédiate et un engagement renforcé de l’État. »
Et d’assurer : « ce dossier montre qu’il est plus que jamais urgent d’adopter une véritable stratégie de planification industrielle en Auvergne-Rhône-Alpes, comme nous le réclamions en février 2025L’État doit pleinement s’y investir pour préserver nos capacités productives et accompagner les salariés.
Et de conclure, « nous ne pouvons continuer à regarder nos capacités stratégiques disparaître une à une, parfois même avec la bénédiction de nos propres institutions ! »


