Les exemples sont parlants. Le classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco de « La Montagne de Reims » où est cultivé le meilleur vignoble de Champagne ou des « Climats de Bourgogne » a fait grimper de 60 % le nombre de touristes attirés par ce classement prestigieux qui a l’effet d’un aimant sur les touristes.

D’où l’intérêt économique, culturel et touristique recelé par le dossier de candidature actuellement en cours pour classer les Côtes-du-Rhône Nord de Vienne à Valence au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Présidée par Philippe Guigal, l’association « De Rhône en vignes », reconnue d’utilité publique qui porte le projet s’est réunie en assemblée générale le 9 juin au siège du Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes à Valence dans la Drôme. La Banque verte est en effet un partenaire important de ce projet.

Un processus complexe

Une assemblée générale, la 1ère depuis la création de « Rhône en vignes » à laquelle participait des représentants du monde vitivinicole dont Jacques Grange représentant de la maison Delas, Christophe Pichon, etc. ; et des collectivité concernées dont Thierry Kovacs, président de Vienne Condrieu Agglomération.

Julie Chevaillier, directrice du Futur musée d’Histoire de Vienne a également participé à cette assemblée générale en intervenant à une table ronde qui a évoqué les retombées potentielles du classement à l’aune d’autres candidatures comme celle de la Grotte Chauvet en Ardèche, par exemple.

On sait que de tels dossiers mettent beaucoup de temps à se concrétiser -une dizaine d’année en moyenne-. En effet, le processus est complexe : un premier dossier, celui dit de « la liste indicative », une sorte de sommaire qui acte le début de la procédure, doit être d’abord déposé au ministère de la Culture qui fait un premier tri.

Objectif, fin 2027

Pour son dépôt officiel, la gouvernance de l’association « De Rhône en vignes » vise pour ce faire, la mi-2027.

Le dossier de candidature complet, lui-même, devrait ensuite suivre dans les trois mois, soit donc vers la fin 2027.

Ce dossier « De Rhône en Vignes » se retrouvera au ministère de la Culture en concurrence avec d’autres dossiers similaires de demandes de classement émanant d’autres régions française, sachant que le Gouvernement ne peut choisir chaque année qu’un seul dossier qu’il valide pour le proposer à l’Unesco.

Ce ne sera sans doute pas du premier coup : le dossier de candidature de la vallée du Rhône Nord peut être conservé cinq ans sur la pile avant de bénéficier du coup de pouce salvateur.
Cela signifierait donc que si le processus fonctionne comme décrit, le classement pourrait intervenir après 2030. Il a fallu plus de dix ans à Lyon par exemple pour accéder au Graal du Patrimoine mondial de l’Unesco…

Mais auparavant un certain nombre de préalables doivent être validés.

On sait que le cœur du dossier de classement et sa force est constitué par ce qui fait l’unité de la vallée du Rhône de Vienne à Valence, c’est la syrah dont on est sûr désormais qu’il s’agit d’un cépage endogène, né sur les bords du Rhône, qui a ensuite essaimé dans le monde entier.

« Valeur Universelle Exceptionnelle »

Mais, seul, cet argumentaire serait trop faible s’il n’était pas accompagné d’arguments plus étayés dans un document qui décrit ce que l’Unesco appelle « la Valeur Universelle Exceptionnelle » (VUE) qui doit mettre en avant la qualité et la singularité du projet.

Il s’agit dans ce document de répondre à la question : pourquoi la vallée du Rhône Nord est exceptionnelle et recèle ce que les autres n’ont pas ?

Ce document peut déjà s’appuyer sur quatre séminaires scientifiques qui ont été organisés par l’association entre 2023 et 2026.

Il s’agit donc d’expliquer pourquoi ce patrimoine de la Vllée du Rhône est unique et pourquoi il faut le préserver car, n’oublions pas, le premier objet d’un classement Unesco au Patrimoine Mondial est sa préservation.

Pour aider à la confection de cette « Mise en récit et argumentaire de la VUE », un cabinet spécialisé a été choisi, RC Héritage ; de même un chef de projet devrait être prochainement recruté pour assurer la coordination de l’ensemble du dossier.

Zone d’influence

On comprend donc l’importance du classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco, même si la zone devrait s’avérer relativement restreinte et ne concernera sans doute que le vignoble et ses chaillées, les retombées concernant ce que l’on appelle sa zone d’influence toucheraient de facto Vienne et ses environs, boostant avec force le tourisme et l’économie de l’ensemble du territoire qui l’environne.

Mais on n’en est pas encore là. Reste désormais à être un peu patient…