A un peu plus d’une semaine du premier tour de la campagne électorale, vivre-vienne a interrogé les quatre têtes de liste en campagne qui s’opposent pour remporter le siège de maire de Vienne. Et ce, à la fois pour tirer un 1er bilan de cette campagne électorale, beaucoup plus animée, voire agressive que la dernière en date, marquée par le Covid et aussi pour se projeter dans le jour d’après.
Second entretien, cette fois, avec Erwann Binet, tête de liste « Vienne Vivante » soutenue par le PS, le PCF, les Ecologistes et Place Publique

En ce qui concerne votre liste, comment se passe cette campagne électorale ?

Erwann Binet-Cela fait près de deux ans que nous avons pour cette campagne mis en place une équipe plus jeune, solide, cohérente, ça a beaucoup aidé.

Le fait que l’on travaille ensemble a fait en sorte que cette équipe soit soudée et que cette campagne se déroule dans une très bonne ambiance. Après avoir élaboré notre projet, nous sommes allés sur le terrain pour confronter nos idées avec les Viennois : nous avons déjà frappé à près de mille portes!.

A votre sentiment, les Viennois sont-ils vraiment  entrés dans cette campagne et quand ?

En fait, les Viennois sont entrés véritablement dans la campagne il y a peu de temps, il y a un peu plus d’un mois.

Nous avons constaté avec plaisir que lorsque l’on frappait aux portes, notre liste et notre programme étaient connus. Cela prouvait que l’on a eu raison de nous y prendre tôt.

La campagne vous a-t-elle semblé plus agressive que les deux autres auxquelles vous avez participé. Est-ce votre analyse ? Et si oui à quoi à votre avis c’est dû à quoi ?

Il faut bien dire qu’à Vienne, nous avons l’habitude des campagnes agressives. Malheureusement, cette agressivité est devenue la norme au niveau national ; et ce, de la part de certains partis qui y ont intérêt.

Mais pas seulement à Vienne. Je découvre avec étonnement des campagnes très agressives avec des flyers insultants dans certaines petites communes autour de Vienne. Je n’ose pas imaginer quelle sera l’ambiance dans ces villages après l’élection !

Car malheureusement, la conflictualisation de la politique est de plus en plus présente dans notre pays. Elle est le fait d’élus qui ne montrent pas les voies de l’apaisement…

Qu’est ce qui vous a le plus chagriné dans cette campagne ?

Le fait de retirer de notre liste quelqu’un devenu fou par son expression sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux rendent fous les gens et cela n’épargne aucun liste !

Nous avons donc dû remplacer Dalil Makhloufi. C’est Azzouz Sarra, jusqu’alors 29ème sur la liste, qui va prendre la 15ème place. Johan Ciroussel entre sur la liste Vienne Vivante à la 29ème place.

Et a contrario, qu’est-ce qui vous a le plus enthousiasmé lors de cette campagne ?

Ce qui m’a le plus enthousiasmé, c’est la rencontre avec les habitants. C’est une chose qui me fait vibrer. Co-construire un projet avec les Viennois nous a fait vivre des moments géniaux. Il y a de nombreuses idées venues des habitants que nous avons inclus dans nos propositions.

Et en tant que militant, c’est un plaisir intellectuel et politique.

Cette campagne a également été marquée par un drame, la mort de Quentin Deranque, un natif de Vienne Condrieu Agglomération. Ce drame va-t-il à votre avis laisser des traces politiques ?

Il m’est difficile de dire si ça va laisser des traces. Mais j’ai été surpris par le renversement de valeurs.

Et notamment par le fait que l’on ait pu profiter de ce drame pour faire de la politique sur cette mort, notamment sur la façade l’hôtel de la Région à Lyon contre l’avis de la famille et par la même occasion, « héroïser » l’extrême-droite. Le fait qu’on pense qu’être raciste et xénophobe devenait une simple opinion. Ça m’a beaucoup choqué.

Quels sont les thèmes que les Viennois que vous avez rencontré au cours de cette campagne ont le plus mis en avant ? Quelles sont leurs trois principales préoccupations ?

La priorité n°1 pour les Viennois est le stationnement ; et ce, depuis trente ans. C’est la raison pour laquelle, si nous sommes élus, nous voulons remettre tout à pat et mettre en œuvre une concertation.

Les Viennois ont besoin d’en débattre et que l’on écoute les points de vue, indépendamment de ce que nous proposons dans notre programme en matière de créations de nouvelles places de stationnement.

En deuxième priorité, c’est la question du bailleur social Advivo qui revenait le plus souvent dans nos rencontres avec les Viennois.

Je n’imaginais pas qu’il y avait une telle colère contre Adivo.

Cette colère porte sur les attributions qui sont incompréhensibles, les travaux des entreprises, la propreté, les poubelles, etc.. Même les récentes réhabilitations de logements sont remises en cause. Il y a clairement des dysfonctionnements chez le bailleur social viennois.

Lors de notre réunion publique de quartier à Estressin, on ne m’a parlé que d’Advivo !

Et en troisième lieu, ce qui s’est exprimé, c’est la question du vivre-ensemble : beaucoup de Viennois regrettent que la ville soit compartimentée et que les gens ne se mélangent plus comme avant. Les gens ne se rencontrent plus, cela a constitué un véritable fil rouge.

Et vous même au cours de ces rencontres, quelle sont les 3 mesures ou projets que vous avez porté et le plus mise en avant ?

Nous avons d’abord mis en avant la question des mobilités. La ville est saturée par la voiture. Il faut trouver des solutions, tant en matière de transports en commun, que de déplacements pour les vols ou les piétons. Le maire fait un petit peu de tout et rien de vraiment très ambitieux.

En second lieu, nous avons beaucoup parlé sécurité. c’est un domaine qu’il ne faut pas aborder de manière idéologique, mais de manière pragmatique. On doit être concret.

Il faut prendre le problème de manière plus fine que par la simple augmentation du nombre de caméras.

Enfin, nous entendons lutter contre les poches de pauvreté à Vienne, en développant notamment des projets en direction des familles mono-parentales. C’est là où sont situés les plus forts taux de pauvreté.

Quels sont les trois mesures ou projets phares que vous mettrez en œuvre si vous êtes élu lors de ces élections municipales ?

D’abord, quand on change de majorité, il faut se projeter dans l’avenir. Nous mettrons en œuvre un plan de mandat qui nous portera à 2032, et même jusqu’en 2035.

En second lieu, je lancerai une concertation sur le stationnement. C’est une opération à tiroirs, complexe, qui prendra du temps.

La troisième mesure que nous prendrons concerne l’accès au droit. De 20 à 30 % de ceux qui ont droit au RSA ne le touchent pas. Nous irons vers les gens pour les accompagner.

Comme d’autres villes qui l’ont expérimenté avec succès, nous ferons de Vienne un « territoire zéro non recours » L’Etat accorde beaucoup d’aides dans ce cadre là.

Vous semblez confiant concernant vos chances de remporter cette élection. Sur quoi s’appuie cette confiance ?

Sur deux éléments.

Je sais d’abord reconnaître une fin de règne. Le maire sortant n’est plus capable de développer une vision. Rien ne marque sur les propositions que l’on trouve dans son programme, rien n’imprime.

Je sens enfin dans la population viennoise, une volonté très forte d’alternance qui se traduit par l’intérêt manifesté par les Viennois sur notre programme. Je suis confiant en notre victoire.

Demain : Adrien Rubagotti (RN, UDR), tête de liste « Rassemblons Vienne »