L’idée était un peu folle : offrir un repas à 350 convives réunis avec tous les codes gastronomiques, en plein air autour du Temple d’Auguste et de Livie à Vienne…

Signée Patrick Henriroux (La Pyramide, 2*) et Philippe Girardon (Le Domaine de Clairefontaine 1*) sous le sigle « Le Temple des chefs » et organisée pour les cent ans de la naissance de Paul Bocuse, formé à Vienne par Fernand Point, cette idée s’est fort joliment concrétisée ce jeudi 24 septembre dans une ambiance festive place Charles de Gaulle à Vienne.

Il est apparu d’emblée que cette place située autour du Temple romain, constituait une formidable salle à manger, offrant un décor de choix.

Le choix s’est aussi concrétisé dans l’assiette avec la découverte d’un menu auparavant top secret découvert seulement à table avec « tomates anciennes confites aux aromates, canard fumé, émulsion à la rigotte de Condrieu », en entrée.

Le plat principal « était constitué par un effiloché de bœuf de l’Isère issu de la boucherie de Godefroy Piaton, à Vernioz Meilleur Ouvrier de France (MOF) 2018, braisé à la syrah, pomme purée gourmande et champignons foliotes du peuplier… »

Le fromage était pour le moins original : « Chèvre frais à la Chartreuse, gel de poire de Villette-de-Vienne »

Et pour finir, en dessert, « mousse onctueuse au chocolat Bonnat, fruits rouges d’Agnin, praliné d’armoise ».

On l’aura compris à l’énoncé du menu : les chefs avaient tenu à s’approvisionner de la façon la plus proche possible de Vienne.

Leur objectif affiché était en effet « de célébrer l’héritage de Fernand Point et de Paul Bocuse en racontant, à travers chaque assiette l’excellence d’un territoire, de ses produits et de ses savoir-faire. »

Il en était de même pour les vins : côte-rôtie, condrieu, vins de Vienne/Seyssuel, rouge et blanc.

Ce repas a aussi raconté une autre histoire, celle des liens profonds de Vienne avec le Jazz.

Les 350 convives ont ainsi été accueillis au son de la musique du Rhône Bayou Band, un orchestre dixieland.

Ensuite, en intermède entre chaque plat, les six chanteuses du chœur des Livi’zz, dirigées par Frédérique Brun et accompagnées au piano par Philippe Khoury ont chanté leur répertoire fort bien adapté pour la circonstance, dont un morceau créé spécialement pour l’occasion, célébrant Vienne et Paul Bocuse.

Désormais la fête gustative et musicale est terminée. Les cinq sens ont été assouvis. Restera pour les convives le souvenir d’avoir vécu un moment gastronomique, suspendu, hors du temps.

Ainsi qu’une simple flaque d’eau : celle de la sculpture de Paul Bocuse taillée dans la glace au début du repas qui a fondu sous le soleil, au cours du repas, illustration d’un moment, certes éphémère, mais qui restera dans les mémoires…