A un peu plus d’une semaine du premier tour de la campagne électorale, vivre-vienne a interrogé les quatre têtes de liste en campagne qui s’opposent pour remporter le siège de maire de Vienne. Et ce, à la fois pour tirer un 1er bilan de cette campagne électorale, beaucoup plus animée, voire agressive que la dernière en date, marquée par le Covid et aussi pour se projeter dans le jour d’après.
Dernier entretien, avec Myriam Thieulent, tête de liste « Vienne Populaire Ecologique et Solidaire » qui lors de cet entretien était accompagnée par Edouard Ville, en 4ème position sur la liste soutenue par LFI et le NPA.
En ce qui concerne votre liste, comment se passe cette campagne électorale ?
En 2020, lors du dernier scrutin, nous avions tenté de faire une liste. Mais cette fois, nous sommes partis plus tôt et nous avons pu constituer et déposer notre liste.
Auparavant, nous avions discuté avec la liste menée par Erwann Binet en mettant en avant trois lignes rouges qui n’ont pas été acceptées.
Il a fallu ensuite attendre la convention de la France Insoumise pour que la création d’une liste autonome, soutenue donc par LFI et le NPA soit validée pour Vienne.
Vous avez déjà effectué deux réunions publiques. Y en aura t il une nouvelle avant le 1er tour. Et comment ça se passe sur le terrain ?
Nous avons effectivement tenu deux réunions publiques, la première, le 13 décembre, à Malissol, la seconde le 9 janvier à l’Espace Saint-Germain. Nous n’en prévoyons pas d’autre avant le 1er tour.
Au cours des jours à venir, nous allons dans les quartiers en installant un barnum et en rencontrant la population : rue Joseph Savigné à l’Isle ; place de la Ferme à Malissol ; place du 19 mars 1962 à Estressin et enfin place de la Fûterie pour la Vallée de Gère et le quartier Saint-Martin.
Et je peux vous dire que nous sommes très bien accueillis dans ces quartiers. Il ne faut pas oublier que lors de la dernière élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête dans ces quartiers.
Et pourquoi sommes-nous bien accueillis ? Parce que nous nous intéressons à des gens à qui personne ne parle. C’est vrai, on y trouve beaucoup de musulmans, mais ce ne sont pas des intégristes, ce ne sont pas des islamistes, c’est insupportable de penser ça. Il y en a même un certain nombre qui sont athées.
Nous nous adressons en tout cas à des gens qui sont dans le besoin…
La campagne a semblé plus agressive que les dernières en date. Est-ce votre analyse ? Et à quoi, à votre avis est-ce dû ?
Plutôt que d’employer le terme d’agressive, j’emploierai, moi, celui de nauséabonde.
Il y en a qui font les poubelles et vont fouiller dans les publications des colistiers.
C’est jeter des noms en pâture et je suis bien placée pour savoir quelles peuvent en être les conséquences !
Nous nous battons pour redonner aux gens du goût à la politique ; or ce qui se passe au contraire, c’est que l’on crée le dégoût.
Jeter des noms en pâture, ce n’est pas une bataille d’arguments : nous, on ne se mêle pas de ça.
Qu’est ce qui vous a le plus chagriné dans cette campagne ?
Ce qui m’a le plus chagriné, c’est que l’on nous accuse de brutaliser la politique. Nous, nous ne brutalisons pas, nous mettons des arguments en avant.
Notre seule ambition est de vouloir discuter projet contre projet.
Et a contrario, qu’est-ce qui vous a le plus enthousiasmé dans cette campagne ?
Le premier enthousiasme est celui d’avoir réussi à constituer une liste à Vienne, malgré le fait d’avoir été ostracisés. Au contraire même, la campagne de dénigrement qu’a subi LFI à ramené vers nous des Viennois de manière significative : ils nous ont rejoints, permettant sur cette liste de mélanger à la fois les origines et les professions.
Cette campagne a également été marquée par un drame, la mort de Quentin Deranque, un natif de l’Agglo. Quelles conséquences sur la campagne et ce drame va-t-il à votre avis laisser des traces politiques ?
Il n’y a pas eu un, mais deux morts. Nous nous sommes rendus au rassemblement organisé en hommage à Ismaël Aali, suite à un crime raciste qui a eu pour cadre un étang de Loire-sur-Rhône au sein de l’Agglo. Personne n’en a parlé. Un communiqué aurait été bienvenu.
C’est un crime tout aussi horrible que celui de Quentin Deranque et tout aussi condamnable.
La mort tragique de Quentin Deranque est totalement condamnable et nous l’avons condamnée sans ambiguïté.
Il faut dire aussi que même à Vienne où on a vu apparaître une croix celtique sur le local du PS et même des croix gammées, des groupes fascistes ont appelé à d’autres meurtres.
Quels sont les thèmes que les Viennois que vous avez rencontrés au cours de cette campagne, ont le plus mis en avant ? Quelles sont leurs préoccupations ?
Dans l’ordre, ce sont le logement, la santé et les transports.
Les Viennois nous disent que du fait de leur pouvoir d’achat, ça devient difficile en matière de logement qui engloutit un 1/4, voire 1/3 du budget des familles.
Nous, nous voulons construire de vrais logements sociaux. Il y a 2 000 dossiers en attente à Vienne en matière relogements sociaux, une ville qui compte en plus, de nombreux logements insalubres.
Ce dont se plaignent aussi les Viennois que nous rencontrons, c’est de se heurter au problème d’accès à la santé : certains quartiers manquent cruellement de médecins.
Et vous même au cours de ces rencontres, quelle sont les trois mesures ou projets que vous avez porté et le plus mis en avant ?
En fait, ce ne sont pas trois, mais quatre axes que nous mettons en avant lors de nos rencontres avec les Viennois.
Nous voulons d’abord remettre de la démocratie dans la Ville à travers des conseils de quartier, dotés de vrais moyens ; mais aussi en mettant en place le référendum d’initiative citoyenne ; mais aussi le référendum révocatoire. Cela signifie que si la population n’est pas contente des élus, ceux-ci s’engagent à démissionner.
Nous mettons également en avant la planification écologique avec cette règle verte : ne pas prélever plus que ce que l’on consomme.
En matière d’égalité, nous mettons en avant le souhait que nous voulons rendre les cantines gratuites ; et ensuite la lutte contre les discriminations.
Quels sont les trois mesures ou projets phares que vous mettrez tout-de-suite œuvre si vous êtes élue maire de Vienne ?
Les mesure démocratiques que nous venons d’évoquer.
On enclenchera ensuite aussitôt l’action pour obtenir ces cantines bio et locale gratuites d’ici la fin du mandat.
Dans le même temps, ce sera la lutte contre le racisme et les violences sexistes et toutes les discriminations.
Beaucoup de gens qui les subissent ne portent pas plainte. Dans ce cas, la mairie les accompagnera et se portera partie civile à leurs côté.
Nous sensibiliserons également le personnel de la mairie pour que la Ville se comporte comme un employeur impeccable sur ce sujet.
Supposons que votre liste en soit pas qualifiée pour le second tour. Que se passe-t-il ?
Il serait alors très irrespectueux pour la liste menée par Erwann Binet de ne pas nous proposer de les rejoindre.
Ce ne serait en effet pas respecter les électeurs de ne pas procéder alors à une fusion technique.
Si c’est nous qui sommes en tête, nous proposerons la fusion.
Après, le PS prendra ses responsabilités…
Ce qui est sûr est que nous ne voulons pas à Vienne, ni de la droite, ni de l’extrême-droite.
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Photo (RCF)-Myriam Thieulent au micro de RCF à Vienne, lors du débat contradictoire entre les quatre listes, le 27 février.

