La direction du groupe Carrefour veut basculer cette année 36 supermarchés et une quinzaine d’hypermarchés en location-gérance, soit une dizaine de plus qu’en 2025.
Parmi ceux-ci l’hypermarché Carrefour Givors situé sur la zone commerciale Givors2 Vallées. Ce qui suscite une grande inquiétude de la CGT qui lance une journée de mobilisation demain mardi 21 avril.

Comme chaque année depuis l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête du groupe Carrefour en 2017, les syndicats sont informés d’une nouvelle vague de passage de magasins en franchise et location-gérance, variante où le distributeur reste propriétaire du fonds de commerce.

Dans le lot, cette année, le Carrefour Givors.

Dénoncée par la CFDT au plan national, « cette stratégie permet à Carrefour de conserver sa part de marché commerciale et sortir de ses comptes des magasins déficitaires, tout en léguant certains coûts, comme les salaires, à un commerçant indépendant. »

En ce qui concerne Carrefour Givors, l’annonce passe mal.

« Une catastrophe sociale »

Pour la CGT, la location-gérance marque une rupture. « Ce modèle est une catastrophe sociale », dénonce le syndicat, qui évoque un « plan social déguisé ».

La grosse crainte : « la perte des droits liés à la convention collective Carrefour et une baisse de revenus estimée entre 2 500 et 3 000 euros par an. »

Le syndicat s’appuie sur l’expérience d’autres magasins passés sous ce modèle.

Selon lui, « ces transformations s’accompagnent souvent de réductions d’effectifs et d’une dégradation des conditions de travail. »

Débrayage

Face à cette situation, la CGT qui ne cache pas son inquiétude appelle les salariés à se mobiliser. Un débrayage est prévu demain mardi 21 avril à partir de 9 heures devant l’hyper givordin.

Par ce mouvement, la CGT entend obtenir l’abandon du projet à Givors.

Pour la direction de Carrefour, « une clause sociale a été incluse »

En réponse, la direction du groupe Carrefour qui récuse la vision syndicale assure qu’une « clause sociale » a été incluse et « s’impose au repreneur sans limitation de durée. Renégociée cette année avec les partenaires sociaux, elle améliore les garanties sociales des salariés concernés qui conservent notamment la prime vacances, le principe d’une rémunération variable pour les cadres, agents de maîtrises et employés de niveau 4,  la remise de 10 % sur leurs achats en magasin, les titres-restaurant, un régime de mutuelle et de prévoyance de qualité et le principe du volontariat pour le travail dominical. Axe de responsabilité sociale vis-à-vis des salariés concernés, cette clause constitue également un critère de sélection des candidats à la location-gérance. »

Et cette même direction d’ajouter : « ces mesures s’ajoutent au cadre légal qui garantit déjà la reprise de l’ensemble des contrats de travail par le locataire-gérant avec le maintien des droits acquis (ancienneté, rémunération, qualification), le bénéfice des accords collectifs pendant 15 mois et, sans limitation de durée, le 13e mois et la garantie de la rémunération annuelle.

Et d’assurer : « l’ensemble de ces garanties légales et conventionnelles préserve au mieux les intérêts des salariés des magasins concernés sans limitation de durée ».