Depuis le 31 octobre dernier, un « cloud local » a vu le jour à Vienne. Créé par Rémi Maccarrone, spécialisé dans l’informatique à destination des entreprises, il est installé rue Marchande à Vienne et affiche déjà une centaine d’entreprises clientes, des PME de la région.

Souvenez-vous, lors du conseil municipal lundi 20 octobre 2025, une joute verbale avait opposé Thierry Kovacs, maire de Vienne à Erwann Binet qui siégeait alors sur les bancs de l’opposition.

Au centre de la polémique, la décision de la Ville traduite dans une délibération de préempter deux locaux commerciaux situés rue Marchande et rue Teste du Bailler par le biais de la société foncière d’aménagement, l’Epora ; et ce, alors même qu’une entreprise viennoise, dirigée par Rémi Maccarrone était candidate pour occuper les lieux pour y installer un mini-data center.

Pour Thierry Kovacs, un tel site, avait-il alors expliqué, posait des problème de sécurité, de bruit et ne susciterait pas le flux de clients et d’attraction que l’on attend d’un commerce.

Interrogé alors par vivre-vienne », Rémi Maccarrone avait expliqué que son idée était de donner la possibilité aux PME d’être indépendantes des grands groupes informatique comme Microsoft, en faisant appel notamment à des entreprises européennes et non américaines comme NextCloud et Dolibarr opensource. Le tout en open source, donc, c’est-à-dire de manière collaborative et décentralisée.

Il avait également assuré alors que vu la taille du data-center local qu’il prévoyait d’installer, « les nuisances sonores ne dépasseraient pas le cadre de la pièce où les huit baies informatiques seront entreposées, d’autant que la pièce aurait été insonorisée. Quant au risque d’incendie, s’il existe, il aurait de toute façon été évalué par une commission de sécurité. »

Et d’assurer alors qu’il « n’abandonnait pas ce projet sur lequel nous avons beaucoup travaillé : je maintiens ce projet qui nous tient à cœur et qui a un véritable intérêt économique pour Vienne. »

Exit, le « Paradis du Geek »

Eh bien, un an après cette polémique, le chef d’entreprise viennois, vient effectivement de lancer son date-center local qu’il a dénommé « Ratel Entreprises » qui se décline en Ratel DC, Ratel IA, Ratel RH, etc. et qui a représenté un investissement de 180 000 euros (travaux, plus matériel informatique).

Dans quels locaux ? Dans l’un des deux qu’il possédait déjà rue Marchande, sous l’intitulé de « Paradis du Geek » destiné à la vente de matériel qu’il a transformé en centre de supervision du « cloud local » Ratel Entreprises (photo de tête).

   L’équipe de Ratel Entreprises devant les écrans de contrôle du date-center de la rue Marchande

Installées dans l’autre local tout proche où est situé le siège de sa société, également rue Marchande, à quelques mètres, les baies informatiques composés de processeurs et de cartes graphiques produites dans l’Union Européenne, n’occupent qu’une petite pièce réfrigérée et fonctionne désormais à plein depuis quelques jours.

Cette nouvelle société de cloud et d’IA « purement locales et souveraines » a été baptisée du nom de Ratel Entreprises « un petit animal très combatif et qui ne lâche rien », explique Rémi Maccarrone.

« Comme les données informatiques et l’IA sont stockées sur place, les entreprises n’ont aucun risque de voir leurs données fuiter. Elles ne se retrouvent en aucune manière sur de grands serveurs aux Etats-Unis. Ce sont nous qui contrôlons nos propres solutions, tout reste en circuit fermé », explique-t-il.

En contact avec des cabinets de levée de fonds

Pour Rémi Maccarrone qui fait déjà travailler huit personnes et s’apprête à en embaucher deux autres, « L’Europe vise la souveraineté numérique, nous l’avons mise en œuvre avec nos propres moyens et notre équipe », se félicite-t-il.

Le chef d’entreprise viennois ne compte pas s’arrêter là et entend également proposer son concept de Cloud local au-delà de Vienne.

« Pour ce faire, je suis en contact avec des cabinets de levée de fonds », assure-t-il.

A suivre…

                                                                                                       Le logo de la nouvelle société