Sophie Gourmelen présidente du groupe de presse régional EBRA (Est Bourgogne Rhône-Alpes) qui compte 3 200 salariés auquel appartiennent avec d’autres médias de l’Est de la France, le Dauphiné Libéré et le Progrès a présenté lundi 22 juin les conséquences sur l’emploi de son Plan Stratégique qui vise au retour à l’équilibre financier d’ici 2030. Un plan qui va se traduire par un plan social visant 400 suppressions de poste et 68 créations sur l’ensemble du groupe.

En ce qui concerne les annonces faites concernant précisément Le Dauphiné Libéré, les syndicats SNJ, FO, CGT et CFDT ne cachent pas leur inquiétude : par le fait d’abord que l’édition Nord-Isère sera désormais imprimée sur les rotatives du Progrès à Chassieu, expliquent-ils, ainsi que des suppressions d’emplois annoncées au sein du service commercial et à la rédaction du Journal.

« Ce lundi 22 juin, s’est tenu un CSE extraordinaire pour présenter le « plan stratégique » du Dauphiné libéré. Derrière ce terme, se cache un plan de suppression d’emploi (PSE), faussement renommé « plan de repositionnement » par la direction générale. Il a, pour objectif, un retour à l’équilibre pour 2030 », selon le communiqué syndical rédigé après la réunion.

« Pas de licenciements secs »

Côté positif, le directeur général, Pierre Fanneau, et le directeur des ressources humaines, Benoist de Montaigut, ont annoncé, expliquent les syndicats : qu’il n’y aurait « pas de licenciement sec, mais des repositionnements volontaires en interne ou en externe. Aucun abandon de zone, aucun regroupement d’édition, le maillage territorial est conservé, 57 postes sont supprimés pour 21 créations de postes, qui n’existent pas numériquement aujourd’hui dans l’entreprise. »

Pour le SNJ, FO, la CGT et la CFDT, « Côté production, c’est l’hécatombe. Une rotative sera supprimée pour n’en garder qu’une seule. Les éditions du Nord-Isère et du Vaucluse seront imprimées à Chassieu, sur les rotatives du Progrès. 23 postes des services techniques sont concernés par le plan, sur 60 salariés actuellement, soit près de 40 % des effectifs. »

Pour les syndicats, « aucune nouvelle création de poste n’est proposée. La parution sera donc à la merci de la moindre panne ou problème. Un risque supplémentaire avec lequel les équipes devront vivre. »

Des suppressions ont été annoncées aussi côté ventes : « dans le secteur des ventes, l’inquiétude est de mise : avec 6 postes supprimés (et seulement une création), la charge de travail va être intenable pour les équipes commerciales. »

Des postes de rédacteurs créés dans les agences locales

Enfin, du côté de rédaction, « la direction mentionne 28 suppressions d’emploi pour 20 créations de poste. Aucun poste de rédacteur n’est touché. Ce sont essentiellement des postes d’éditeur qui seront supprimés et partiellement remplacés par l’IA », expliquent les syndicats.

« Parallèlement, plusieurs postes de rédacteur devraient être créés dans les agences locales. On peut imaginer que ces postes viendront remplacer des contrats pros, potentiellement non renouvelés en septembre », détaillent les syndicats.

Au final, les mesures annoncées qui étaient redoutées depuis près de deux ans, constituent une mauvaise nouvelle pour la Presse en général, illustrant les difficultés actuelles de la Presse Quotidienne Régionale.

Photo : le siège du Dauphiné-Libéré à Veurey-Voroize, près de Grenoble.