Sa dernière présence sur la scène du théâtre antique dans le cadre de Jazz à Vienne date de 2011. Il y a quinze ans, il était alors âgé de 81 ans et était encore doté d’un sacré souffle !

Il s’était produit à pas moins de cinq reprises auparavant : une vieille connaissance des festivaliers de Jazz à Vienne avec qui des liens s’étaient noués, n’est plus : Sonny Rollins, le géant du saxophone qui remplissait les gradins à chaque concert vient de disparaître à l’âge de 95 ans dans sa maison de Woodstock.

Comme le montre l’extrait de son dernier concert à Vienne en 2011, ci-dessus, Sonny Rollins avec sa chemise et ses lunettes blanches, sa coiffure afro, le géant du saxophone savait régaler le public.

Après une heure et demi de jeu et un petit break, à la nuit tombée, il avait alors rejoué avec le même engouement qu’à vingt ans, même si le pas, c’est vrai, était légèrement chancelant. Sa cure de jouvence était la scène !

Il l’avait alors une nouvelle fois prouvé : Sonny Rollins a toute sa vie produit un jazz généreux et le public le lui rendait bien.

Sonny Rollins, cette dernière grande figure de l’âge d’or du Jazz, a tout au long de sa carrière été le compagnon de tous les grands maîtres de la musique afro-américaine à partir de Charlie « Bird » Parker.

Il a été l’auteur d’une vingtaine d’albums majeurs de l’histoire du jazz dont le fameux « Colossus », paru en 1957 qui lui a octroyé son surnom de « Colosse ». Un opus majeur.

Comme il l’avait prouvé à quatre reprises à Jazz à Vienne, il a été l’initiateur pendant trois décennies, d’une forme unique de concert fleuve au plus près des publics, de tous les publics, car comme Miles Davis et à l’instar de quelques rares autres, son audience avait largement dépassé la seule sphère du Jazz.