Dominique Duvillard, la présidente de l’association Ciné-Clap en était « toute pantoise » : il ne restait plus un fauteuil de libre lundi 9 mars dans la salle du cinéma l’Amphi où était projeté le film de Mélisa Godet dont l’actrice principe est Karin Viard , suivi d’un débat : près de 200 personnes.
Un succès étonnant au regard du jour choisi, un lundi, mais aussi du sujet qui fut évoqué à l’issue de la projection du film lors de cette séance spéciale organisée par le Conseil Départemental de l’Accès au Droit : la violence faites aux femmes et comment la justice peut lutter -efficacement- contre ce fléau. Il est vrai que ce film était projeté au lendemain du 8 mars journée internationale des droits des femmes.
De nombreux intervenants

Il y avait beaucoup de monde dans la salle, mais aussi beaucoup d’intervenants pour évoquer le sujet : Sophie Bergougnous, la présidente du Tribunal Judiciaire, Olivier Rabot, Procureur de la République de Vienne, Jérémie Zana, bâtonnier du Barreau de Vienne qui étaient accompagnés par le président du Conseil départemental de l’accès au Droit, de la responsable de la l‘association de l’Aide aux victimes de Vienne (France Victimes) et enfin de la directrice de la « Maison des Femmes » de Grenoble, créée en 2022, le pendant de la « Maison des Femmes » de Seine-Saint-Denis, la première du genre en France qui a essaimé au point d’en compter désormais trente dans toute la France et qui a donné la matière au film.
« La Maison des femmes » que nous montre le film est une structure atypique qui œuvre pour reconstruire les femmes victimes de violences conjugales et/ou sexuelles, qui ont, soit déposé plainte ou non, mais qui y trouvent, entre soins, écoute et solidarité, une équipe formidable, qui se bat chaque jour pour les accompagner dans leur reconstruction.
L’on put ainsi apprendre lors du débat qui s’instaura entre les intervenants et la salle que même si Vienne, n’a pas, comme Grenoble une « Maison des Femmes », on y trouve les structures qui permettent aux femmes victimes de violences conjugales de s’extraire de l’enfer qu’elle vivent.
« Tant au commissariat de Vienne que dans chaque brigade de gendarmerie, on trouve désormais des intervenants sociaux formés », expliqua Olivier Rabot, producteur de la République qui décrivit tous les dispositifs mis en œuvre pour protéger les victimes., tels que le téléphone grand danger ou les bracelets électroniques anti-rapprochements.
Un plan départemental
II existe également rappela Sophie Bergougnous un plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes qui a récemment été signé avec les partenaires et la préfète de l’Isère.
Les canaux sont multiples, tels les avocats du Barreau de Vienne que les membres de l’association d’aide aux victimes qui sont formés pour accompagner les victimes.
« On part de très loin… »

Il ne faut cependant pas se leurrer.
Pour le procureur : « en la matière, on part de très loin, on est très largement perfectible, et c’est vrai, on manque de moyens, mais on ne peut que constater une réelle amélioration, face à ce qui est devenu une cause nationale. »
Bref, le film projeté et le débat qui s’ensuivit ont permis de raviver la prise de conscience d’un problème sociétal qui ne pourra à terme qu’être résolu assura la présidente du tribunal judiciaire de Vienne que « par un changement des mentalités, de culture et une sensibilisation de chacun à la dénonciation des faits constatés. On ne peut plus rester silencieux… »

