Il ne pouvait, évidemment, pas en être autrement : la chaude actualité politique du moment, les violences du samedi 17 octobre ont ouvert un conseil municipal, lundi 19 octobre, d’une durée de près de… quatre heures ! Il est vrai qu’à l’évocation des violences, aux nombreuses délibérations au programme, de manière inusitée ont succédé le vote de deux motions, quatre vœux et deux questions orales !

« Avant d’ouvrir cette séance, j’ai une déclaration à faire sur les événements de ce week-end », annonça en effet d’emblée, Thierry Kovacs, maire de Vienne qui reprit en grande partie le discours qu’il avait prononcé le matin même dans le cadre des manifestations de solidarité prônée par l’Association des Maires de France, devant l’hôtel-de-ville ; soulignant la présence à ce « rassemblement contre les violences » la présence des deux groupes d’opposition, « Vienne Vivante «  et « Rassemblons Vienne », remerciant de leur présence, « les élus de la majorité comme de l’opposition ».

« Nous refusons d’attendre six mois, de prendre le risque, la prochaine fois de compter les morts », assura-t-il, avant d’ajouter : « tout le week-end, j’ai écouté, j’ai réfléchi, il me semble que l’acte le plus utile est que le président de la République démissionne », comme il l’avait fait le matin même.

Adrien Rubagotti (Rassemblons Vienne, RN) intervint ensuite, expliquant que « le Rassemblement National demande également le départ du président de la République ; interrogeant le maire sur « sa cohérence, suite à l’intégration de personnalités issues de majorité présidentielle dans sa propre majorité et qui a été soutenu par Horizons. »

Et d’ajouter : » qui est responsable de la situation actuelle, c’est Madame Thieulent : ça fait des semaines que LFI monte les lycéens contre les forces de l’ordre. Je ne l’ai pas entendue condamner les violences policières, alors qu’il y a eu près de mille policiers blessés ! »

Matthieu Robardey (Vienne Vivante), prit ensuite la parole : « Oui, nous étions présent ce matin devant l’hôtel-de-ville pour dénoncer les violences. Je vois qu’à droite on entend polémiquer. Oui, nous condamnons les violences, nous le répétons cinq fois par jour. J’ai l’impression qu’il y a un problème d’audition à droite ! »

De son côté, Myriam Thieulent (Vienne Ecologique et Populaire) : « Oui, j’ai appelé à protéger les jeunes, car moi je m’étonne qu’on ne parle pas des blessés parmi les jeunes, des jeunes éborgnés qui ne retrouveront pas la vue d’un œil, ou encore un jeune de 15 ans qui a eu une main arrachée… »

Elle ajoute « Quant aux solutions, il suffirait de répondre aux revendications légitimes des lycéens. Il n’y aurait pas eu de violences ce week-end, si les jeunes avait été écoutés. »

Et de conclure : » si les jeunes avait été écoutés, le mouvement aurait été arrêté. »

Une passe d’arme se produit ensuite lorsque Thierry Kovacs lut une lettre d’une lycéenne de 19 ans dans un courrier qui lui avait été adressé à lui et à Myriam Thieulent, dans laquelle expliqua le maire de Vienne « cette lycéenne dénonce le fait que Mme Thieulent par sa présence a volé la manifestation des lycéens à Vienne ».

Et Myriam Thieulent de répliquer : « ce dont je suis accusée dans cette lettre en fait, c’est d’avoir travaillé en coopération avec la police, pour protéger la manifestation et faire en sorte qu’elle se passe au mieux… »

Enfin c’est Dominique Roux (Vienne Vivante) qui tenta de mettre un point final au débat : « je demande à tout-le monde de garder son calme et son sang-froid et de ne pas faire d’amalgame » ; demandant à Thierry Kovacs, « de faire cesser cette discussion vaine… »

Le conseil municipal lui-même pouvait alors commencer quelques instants plus tard, avec la première délibération….

A suivre…

A l’occasion d’un rassemblement contre les violences, devant l’hôtel-de-ville, Thierry Kovacs demande au Président de la République de démissionner