C’est sans doute l’oiseau le plus étonnant que l’on puisse trouver à Vienne. Il vole en permanence, dors dans le ciel, bois l’eau du Rhône et gobe les insectes, bec largement ouvert comme le ferait un Canadair et ne redescend sur terre qu’à la saison des amours pour nicher.
Selon la Ligue de Protection des Oiseaux, Vienne qui possède une colonie de plusieurs centaines de martinets à ventre blanc sur son sol est la seule ville du département à accueillir cet oiseau pas comme les autres, aux ailes en forme de faux. Important car il faut savoir que près de 30 % des espèces d’oiseaux ont disparu ces dernières années en Europe.
Pour quelles raisons, alors a-t-il choisi Vienne pour s’y installer ?

L’Atlas de a biodiversité que la Ville a créé, recense ainsi près d’une vingtaine de bâtiments où les martinets à ventre blanc viennent nicher pour donner la becquée pendant quelques semaines, à leurs petits, essentiellement dans le centre historique, notamment place Saint-Louis ou le Temple d’Auguste et de Livie : des bâtiments qui offrent suffisamment d’anfractuosités pour permettent d’accueillir des nids.
Autre atout viennois pour ces oiseaux, la présence du Rhône où ils peuvent se désaltérer. Utile en temps de canicule !
Comme un Canadair, il frôle l’eau le bec grand ouvert. Les martinets à ventre blanc font de même par ailleurs dans le ciel, ouvrant leur large bec absorbant au passage les insectes « un véritable plancton aérien », selon l’animateur de la LPO.
On les voit et on les entend grâce à leur cri typique et strident à différentes altitudes, plus bas le soir, plutôt en altitude l’après-midi, ils peuvent monter très haut avec leurs ailes caractéristiques en forme de faux.
200 jours sans se poser !
Ils peuvent même rester en vol 200 jours par an sans se poser !
Mais à quoi d’abord reconnaît-on un martinet à ventre blanc ? Bien évidemment à son ventre strié de blanc, contrairement à son cousin, le martinet à ventre noir, lui aussi présent à Vienne.
C’est au cours d’une conférence donnée à l’initiative de Théo Groleas, conseiller municipal délégué à la biodiversité que l’on a pu apprendre toutes ces précisions et engranger ces connaissances sur cet oiseau étonnant.
Cette conférence était organisée en partenariat avec la Ligue de Protection des Oiseaux en présence d’un animateur de la LPO, Hugo.
Cet Atlas de la biodiversité à Vienne permet aussi de mettre en œuvre des politiques permettant de sauvegarder un bâti favorable aux oiseaux, comme l’illustrèrent cet exemple donné : place Saint-Louis où un particulier a été obligé (c’est la loi) de déboucher les anfractuosités qu’il avait comblé sur sa façade ; de même, lors de rénovations de bâtiments, le bailleur social Advivo met en place des compensations (nichoirs, créations de trous, etc.), lorsque la présence de martinets blancs ou autres oiseaux est avérée.
De telles conférences sont données régulièrement pour illustrer concrètement l’Atlas de la biodiversité de la Ville.
Il est numérisé et que l’on peut donc consulter ( pdf, CLIQUEZ) : ICI.

Les participants à cette conférence ont ensuite déambulé dans le centre historique avec des jumelles pour tenter d’apercevoir ce drôle d’oiseau qui file si vite dans le ciel et qui ne touche presque jamais terre…
Crédit photo des martinets : Thomas Cugnod/LPO


