Le théâtre antique s’apprête à changer de peau à Vienne. Le temps de la soirée du vendredi 3 juillet les gradins romains devraient prendre des allures de dancefloor sous les étoiles avec Cerrone et le retour d’un disco à nouveau en vogue pour un soir.

Le voyage commence avec Kyoto Jazz Massive. Longtemps resté dans le secret bien gardé des amateurs d’Acid jazz, le duo fondé au début des années 1990 par les frères Shuya et Yoshi Okino a profondément influencé une génération de producteurs en abolissant les frontières entre jazz, house, funk et soul. Leur retour sur scène, après plus de quinze ans d’absence, constitue déjà un événement. Leur première apparition à Jazz à Vienne l’est tout autant.
Accompagné d’Echoes Of A New Dawn Orchestra, collectif parisien rompu aux grooves les plus incendiaires, et porté par la voix lumineuse de Vanessa Freeman, Kyoto Jazz Massive promet moins un concert qu’une montée en puissance. Les cuivres éclatent, les lignes de basse tournent en boucle, les claviers installent des climats où le jazz dialogue naturellement avec la culture des clubs. On pense aux nuits londoniennes de Gilles Peterson, aux grandes heures du label Compost Records, mais surtout à cette manière très japonaise d’assembler précision et liberté.
Puis viendra Marc Cerrone…
Il suffit de prononcer son nom pour qu’affleurent quelques-uns des plus grands hymnes du disco européen. Pourtant, réduire Marc Cerrone à une poignée de tubes serait oublier qu’il fut l’un des premiers artisans d’une musique électronique pensée comme une œuvre totale, où la batterie, les cordes, les chœurs et les synthétiseurs racontaient déjà une autre idée de la fête.
Avant Daft Punk, avant la French Touch, avant que les producteurs français ne deviennent les ambassadeurs mondiaux du groove, il y eut Marc Cerrone. Ses albums ont traversé les décennies sans jamais quitter les platines des DJs ni l’imaginaire collectif.
Avec Disco Symphonic, son répertoire retrouve aujourd’hui une ampleur nouvelle. Entouré de ses musiciens et de l’Orchestre du Conservatoire à rayonnement régional de Lyon dirigé par Randy Kerber, il fait entrer Love In C Minor, Supernature ou Give Me Love dans une dimension orchestrale qui leur sied étonnamment bien. Plus qu’un exercice de nostalgie, cette relecture rappelle combien cette musique, derrière son apparente légèreté, repose sur une écriture exigeante et un sens remarquable de la construction dramatique.
Sous les pierres deux fois millénaires du Théâtre Antique, le disco retrouve ce qu’il n’aurait jamais dû perdre : sa noblesse.
(Texte : Paul Gonnet)
Demandez le programme !
Cybèle
12h30 | Feeling Band
16h | Indawa
19h30 | One Mind trio – Jarasum Jazz Festival
Jazz for kids
16h à 19h30 | Atelier POSCA – Jardin de Cybèle
Scène de la Table Ronde
17h30 | Concert des écoles de musique et conservatoires de la région
Jazz ô musée
18h | Amin Al Aiedy quartet – Musée gallo-romain Saint-Romain-en-Gal
Expositions
10h à 19h | Lucrèce Andreae – Librairie Les Bulles de Vienne
13h à 18h | Jazz Volumes – Centre d’art contemporain – La Halle des bouchers
14h à 19h | Miles Davis, 100 ans d’influence + Séance d’écoute commentée – Musée d’Histoire de Vienne – église Saint-Pierre
14h à 19h | Jazz à Minus IV – Galerie Minus
18h30 à 20h | Esprit & Compagnonnage – Galerie Test du Bailler, Vienne
Le Kiosque de Cybèle
18h15 | Radio Jazz à Vienne
21h | Combo jazz du Conservatoire de Vienne
22h15 | Combo jazz latin du Conservatoire de Vienne
23h15 & 01h | DJ set : Shuya Okino + ATN
Au Club : Jeroboam, douce ivresse des sens

Le disco sera sur la scène du théâtre antique, le disco-funk prendra, lui place à partir de minuit au théâtre François Ponsard.
Les onze musiciens et musiciennes de Jeroboam seront sur scène, déployant une énergie collective et un son directement branché sur l’âge d’or du disco-funk et du boogie des années 70-80.
Ce collectif se consacre désormais à ses propres compositions.
Plusieurs titres sont déjà̀ sortis sur Space Grapes Records, le label de Danilo Plessow (MCDE), mais c’est enfin leur 1er album, à paraître cet été chez Favorite Recordings, qu’ils présenteront au Club, à Vienne ce soir là…


