Il fallait oser : deux concerts dans la même journée, un dimanche de week-end pascal, de chasse aux œufs, de départ en week-end prolongé, le tout par un temps superbe qui inclinait plutôt à arpenter la campagne. Eh bien, malgré ces circonstances guère favorables un millier de personnes se sont rendues hier dimanche 5 avril au Manège de l’Espace Saint-Germain pour applaudir un concert à tonalité jazz centré autour de l’amour, intitulé « All about love ».

Le public présent pour « le » concert de l’année du Nouvel Orchestre de Vienne, rassemblant élèves et professeurs du Conservatoire de Musique n’eut pas à regretter une seconde le déplacement.

Près d’une centaine de musiciens chanteuses et chanteurs avaient pris place sur la scène, car outre les musiciens de l’orchestre symphonique du NOV (Nouvel Orchestre de Vienne) dirigé par Jean-Philippe Causse étaient présents sur la scène du Manège, la classe de chant Jazz dirigée par Emmanuelle Duvillard, le Big Band J & W dirigé par Philippe Khoury et enfin le chœur des Livizz mené par Frédérique Brun. Un plateau inédit.

Deux éléments ont concouru à la qualité et à l’intérêt de ce concert : le choix des morceaux interprétés, d’abord, tous tournant autour de l’amour pour la plupart des « tubes » connus, voire archiconnus, mais dans des orchestrations et des arrangement spécifiques dont bon nombre avaient été commandés pour la circonstance, notamment à Yann Stoffel, Alois Benoît, Philippe Maniez ou encore Philippe Khoury et d’autres…

Ce qui a permis de redécouvrir des morceaux orchestrés différemment, leur donnant une saveur très particulière.
Qu’il s‘agisse de Jazz de pop music ou de chansons françaises, chacun des thèmes interprétés était accompagné par la voix l’instrument à cordes (vocales) qui parle le plus à notre sensibilité, à notre émotion, en choeur ou en solo avec les chanteuses des Livizz, mais aussi la classe de chant jazz.

Et lors de chaque thème brillait cette petite étincelle, qu’il s’agisse de standards de Cole Porter ; d’un pot pourri des plus beaux moments des « Parapluies de Cherbourg », signé Michel Legrand, de « My Funny Valentine », d’une belle balade irlandaise pleine de nostalgie, voire d’une chanson de chanson de Sade, profondément revisitée ; voire encore d’une autre de Nougaro, « L’île Hélène » chantant l’amour qui’l vouait à son épouse de manière allégorique, et de bien d’autres, Jean-Philippe Causse et les musiciens, chanteuses et chanteurs qui l’accompagnaient sur scène ont su avec swing et élégance procurer cette émotion que sait faire naître le Jazz, musique de l’âme et de la liberté.

Le concert s’est conclu lors du bis avec l’une des plus belles chanson de Barbara, revisitée et fort joliment arrangée, là encore : « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous », en forme de condensé de ce concert pascal…
PHOTOS PHILIPPE SASSOLAS

