La Chambre de Commerce et d’Industrie Nord Isère vient de publier la synthèse de sa 27ème enquête de conjoncture, réalisée auprès des dirigeants du territoire entre fin 2025 et début 2026. Le bilan annuel dresse le portrait d’un écosystème économique résilient, mais marqué par une fragilité persistante, notamment, mais pas seulement, en matière de trésorerie. Et la guerre au Moyen-Orient qui fait flamber le pétrole ne devrait rien arranger…

La CCI Nord Isère publie la synthèse de sa 27ème enquête de conjoncture, réalisée auprès des dirigeants du territoire entre fin 2025 et début 2026.

L’année 2025 s’achève sur « une note de vigilance accrue concernant la trésorerie des entreprises nord iséroises.

Selon l’enquête, « 31 % des dirigeants jugent leur situation financière tendue et 20 % la qualifient de très tendue, voire critique. »

Activité inférieure à celle de l’année dernière

Parallèlement, l’activité économique montre des signes de recul : 62 % des entreprises interrogées font état d’une activité inférieure à celle de l’année précédente.

L’angoissant contexte politique

Si les délais de paiement clients restent globalement maîtrisés avec 36 % de règlements à moins de 30 jours, le fait que les entreprises honorent leurs propres fournisseurs plus rapidement (39 % à moins de 30 jours) accentue mécaniquement la pression sur leurs fonds de roulement.

Le contexte politique et l’inflation : principaux freins à la croissance

Les chefs d’entreprise identifient clairement les obstacles qui pèsent sur leur développement.

Sans grande surprise, le contexte politique apparaît comme le frein dominant pour 68 % d’entre eux, loin devant les facteurs économiques classiques.

L’inflation (38 %) et le coût des matières premières (34 %) continuent également de comprimer les marges, forçant 90 % des structures à faire de la réalisation d’économies leur priorité stratégique absolue.

Face à ces contraintes, les entreprises adoptent majoritairement une posture défensive (49% à 56%), bien qu’une légère reprise des stratégies offensives commence à poindre.

Emploi : une stabilité de façade malgré des tensions de recrutement

Le marché de l’emploi en Nord Isère présente un paradoxe : les effectifs sont stables pour 71% des entreprises, mais le recrutement reste un défi structurel majeur.

Près de la moitié des dirigeants (46%) déclarent rencontrer encore des difficultés à embaucher, principalement en raison d’un manque de candidats et d’une inadéquation des profils.

Les besoins s’orientent massivement vers des contrats pérennes, avec 56% de recrutements envisagés en CDI, et une recherche marquée de profils techniques (48% des demandes).

Quid de 2026 ?

Comment se projettent les chefs d’entreprise nord-isérois pour 2026 ?

Assurément, avec « une grande prudence. »

Le manque de visibilité est cité par 88 % des dirigeants comme un facteur majeur de tension.

Pour les six prochains mois, seulement 12 % des chefs d’entreprise anticipent une hausse de leur activité, tandis que 31 % prévoient une baisse et 27 % déclarent n’avoir aucune visibilité sur l’évolution de leur marché.

Ce climat d’attentisme stratégique « confirme que la reprise durable dépendra fortement d’une stabilisation du contexte politique et d’une détente sur les coûts de production. »

Pour l’heure, on n’en prend pas le chemin…