Le dernier service a eu lieu le vendredi 19 octobre. Puis rideau ! Ryma Prost-Roman à la tête du restaurant Mama Trötter depuis huit ans et demi vient de vendre son établissement qui a incontestablement par son positionnement marqué l’histoire gourmande de la ville ces dernières années.
Cheffe atypique, Ryma Prost-Roman qui a créé son restaurant Mama Trötter en 2018, juste avant une certaine crise du Covid 19 n’a jamais en matière culinaire joué la carte de la facilité.
A cinquante ans, après un parcours dans un domaine totalement différent de la gastronomie, en l’occurrence la formation, elle se décide avec aplomb de se lancer dans un domaine qui l’a toujours passionné, sa famille peut en témoigner : la cuisine. Et s’en donne les moyens.
« J’étais cuisinière à la maison, je suis devenue cheffe », lance-t-elle.

Après savoir brillamment passé son CAP de cuisine, la cheffe viennoise est dans la foulée admise à l’Institut Paul Bocuse à Ecully en compagnie d’élèves guère plus âgés d’une vingtaine d’années provenant de tous les pays.
Son diplôme en poche, comme le veut le cursus, elle part à l’étranger : six mois de stage dans le grand nord, en Finlande et en Norvège.
Puis au retour, c’est l’ouverture du Mama Trötter. à Vienne un intitulé résumant son origine algérienne par ses parents et cette expérience nordique.
Un restaurant qui a, dès sa création, a multiplié les distinctions : 1er restaurant labellisé à Vienne « Année de la gastronomie » et « Green Food Label » pour cet établissement qui proposait aussi une cuisine végane et végétarienne.
Lorsqu’elle se retourne sur ces huit années et demi, elle n’a aucun regret : « Ce fut très riche. J’ai pu vivre ma passion, malgré le Covid-, malgré les crises économique : en ouvrant Mama Trötter j’ai bénéficié pendant huit ans et demi d’une liberté incroyable. »

Elle joute : « Ce qui m’a permis de multiplier les initiatives, en développant un réseau avec les producteurs locaux pour proposer une cuisine bio ; j’ai pu travailler avec les enfants en développant pour eux des ateliers culinaires « pour les faire manger autrement » ; créer une cuvée viticole ; mettre en place un week-end autour de la cuisine séfarade avec une conférence de Benjamin Stora ; développer des concerts, des expo-photos… »
Et maintenant ?
Et maintenant qu’est-ce que cette cheffe hyper-active va-t-elle faire ?
« Ce qui m’a plus plus plu dans ce métier avec l’ouverture de Mama Trötter, ce sont les rencontres, d’une diversité incroyable » lancer-telle avec un large sourire.
« J’entends bien avec mes nouvelles activités continuer à multiplier les rencontres ! », conclut la cheffe.
Elle entend prendre régulièrement la route et rendre visite aux élèves du monde entier qu’elle a côtoyé lorsqu’elle était en formation à l’institut Paul Bocuse et qu’elle retrouve régulièrement au sein de l’association des Alumnis, l’association qui regroupe les anciens élèves de l’Institut Paul Bocuse et dont un temps elle a pris la présidence.
« J’ai déjà commencé ma nouvelle vie il y a quelque mois en me rendant au Cap-Vert. L’idée est de continuer à apprendre d’autres cuisines. Au Cap-Vert, j’ai cuisiné un ragoût dont la cuisson a duré des heures ! C’était une expérience absolument formidable. »
Et au retour, elle compte faire partager ce qu’elle a vécu lors d’ateliers de cheffe à domicile, qu’elle entend développer à Vienne, tout en continuant une activité traiteur…
Bientôt : « la Table de Ben »
Le repreneur du restaurant Mama Trötter a vingt-six ans et a pour nom Benjamin Perret.
Ue changement d’enseigne sera opéré : le Mama Trötter va devenir « La Table de Ben ». Ouverture à la mi-novembre.
Photo de tête : crédit Stéphane Ruton


