On n’en avait pas beaucoup parlé à l’époque, mais lors de fouilles réalisées en 2017 à Sainte-Colombe avait été mise au jour une rare armure romaine appelée par les spécialistes « Lorica segmentata » qui avait le grand mérite d’être complète. Elle sera présentée lors d’un week-end spécial les 12 et 13 décembre 2026 dans un nouvel espace « Militaria » consacré à l’antiquité militaire au Musée de Saint-Romain-en-Gal. Et ce, dans le cadre des 30 ans du Musée

Dans un coffre

Cette Lorica segmentata avait été retrouvée en 2017 dans l’un des appartements mis au jour par les archéologues, à l’intérieur d’un coffre contenant également un glaive, un poignard dans son fourreau et une lance !

L’hypothèse la plus probable est que l’occupant de ce logement modeste était un légionnaire vivant sous les règnes d’Auguste et de Tibère.

Un incendie survenu en l’an 69 de notre ère a permis la conservation de l’armure, mais dans un état malheureusement très instable : un quasi miracle, l’armure a ainsi été préservée pendant près de 2 000 ans.

Elle avait été retrouvée dans le cadre d’une opération d’archéologie préventive menée en 2017 qui mettait au jour tout un quartier de la ville antique de la grande ville gallo-romaine de Vienna à Sainte-Colombe.

Un site remarquable de 7 000 mètres carrés vite baptisé vu sa richesse « Petite Pompéi » abritant de multiples trésors antiques dont de nombreuses mosaïques et donc cette cuirasse unique en France.

Il aura fallu près de dix années d’un travail patient pour opérer une restauration extrêmement minutieuse de cette armure. Ce fut le travail du CREAM (Centre de Restauration et d’Études Archéologiques Municipal de Vienne), un centre de restauration viennois dépendant de la Ville qui travaille pour de nombreux musées en France, mais aussi au-delà.

Une restauration menée par une équipe composée de spécialistes du militaria (antiquité militaire), de restaurateurs et de socleurs travaillant de concert.

Une cuirasse articulée

Cette « Lorica fermentata » était la cuirasse articulée que portait le légionnaire romain du 1er siècle au 3ème siècle.

Elle est formée d’un ensemble de plaques de fer reliées par des courroies de cuir : elle protégeait le torse, la nuque, la gorge et les épaules du légionnaire.

Elle apparaît au début du ier siècle dans les régions rhénanes, et se répand ensuite dans tout l’Empire romain.

Son succès s’expliquait sans doute par le fait que sa fabrication ne demandait qu’environ 70 heures, c’est-à-dire trois fois moins que pour fabriquer une cotte de mailles, l’armure en vogue auparavant.

Elle était également un peu plus légère.

Munie de charnières sur les côtés, elle s’ouvrait et s’enfilait comme une veste, qu’on fermait sur le torse…

C’est tout ce que retracera cette exposition programmée pour en décembre au musée de Saint-Romain-en-Gal dans le nouvel espace consacré au « militaria » où l’on pourra découvrir l’univers de l’armée romaine et de ses centurions…

-Illustration de tête Wikipedia, ;seconde photo, éléments de l’armure découverte en 2017 (Cream)

Le programme des festivités des 30 ans du musée

-Les 19 et 20 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine : les coulisses du musée s’ouvriront exceptionnellement au public avec des visites des réserves, de l’atelier de restauration des mosaïques et des enduits peints et des chantiers de fouilles.

-Les 24 et 25 octobre, la troupe Pax Augusta investira le musée pour faire revivre le quotidien des Romains : cuisine, médecine, soins corporels, écriture sur papyrus, monnaie et costumes permettront de découvrir concrètement les usages et savoir-faire de l’époque. Une création participative autour du tufting invitera également les familles à composer une œuvre collective.

-Le 22 octobre, pendant les vacances d’automne, une saynète participative transformera les visiteurs en convives d’un banquet romain, entre humour, découverte des coutumes et immersion dans la vie quotidienne antique.

-Le mois de décembre constituera le point d’orgue de cet anniversaire, avec un week-end consacré aux 30 ans du musée les 12 et 13 décembre. Un nouvel espace consacré au militaria dévoilera notamment la Lorica segmentata évoquée ci dessus. Egalement au programme : reconstituteurs de Pax Augusta, équipement de légionnaire, démonstration d’une machine d’artillerie romaine et conférences permettront d’explorer l’univers de l’armée romaine et l’histoire de cette découverte.

-Du 11 au 13 décembre, l’anniversaire sera aussi placé sous le signe de la création contemporaine, l’artiste italien Refreshink réalisera en direct une œuvre inspirée des mosaïques et de l’histoire du musée, faisant dialoguer street art et Antiquité. Des ateliers d’initiation au street art compléteront ce week-end anniversaire pour le jeune public.

Programmation complète sur https://musee-site.rhone.fr/programmation/