Souvenez-vous, cette 1ère campagne de fouilles depuis très longtemps menée l’année dernière sur le site archéologique du musée de Saint-Romain-en-Gal avait permis d’exhumer un mausolée monumental datant du 1er siècle avant JC qui avait été destiné à un haut personnage du monde romain. Une découverte majeure. Entamée depuis le 20 juillet, la nouvelle campagne de fouilles a livré une chambre funéraire encore bien conservée contenant des vestiges de crémation. Visible encore aujourd’hui et demain : la campagne se termine…

Menée depuis un mois, la nouvelle campagne de fouilles archéologiques sur le mausolée découvert au sein du site archéologique de Saint-Romain-en-Gal fait œuvrer de nombreux archéologues. Et pour cause, cette campagne se termine le vendredi 21 août.
Il s’agit d’un chantier-école mené par sous la direction de Giulia Ciucci, ainsi que que le musée en partenariat avec Aix-Marseille Université, permettant aux étudiants et professionnels de collaborer sur le terrain.
Cette nouvelle campagne a permis d’étendre la zone d’exploration pour tenter de mieux comprendre l’origine du mausolée monumental découvert l’été dernier.

Les fouilles de cet été 2026 ont permis de révéler de nouveaux éléments architecturaux, mais surtout d’explorer la chambre funéraire du mausolée (photo ci-dessus).
Celle-ci était encore bien conservée et renfermait des vestiges de la crémation. Une découverte qualifiée de « particulièrement rare » par les archéologues pour un monument de cette nature.
Ont été agilement exhumés par la trentaine d’archéologues qui ont œuvré sur le site des fils d’or appartenant probablement à un vêtement, ainsi que des mosaïques, des petites poteries, des corniches, de petites lampes à huile et même des pièces de monnaie…
Ces éléments doivent permettre aux chercheurs de mieux comprendre les pratiques funéraires de l’Antiquité romaine.
Rappelons que de tels mausolées sont très rares. Il n’y a pas d’autres aussi bien conservés en France. Et on n’en connaît que quelques exemplaires en aussi bel état en Italie…
Asiaticus ou autre ?

Reste que cette nouvelle campagne comme la 1ère ne permet pas de répondre à la question que tout le monde se pose : à qui était destiné ce mausolée ? Vu l’ampleur de l’édifice, assurément à un haut dignitaire romain.
Beaucoup murmurent le nom d’Asiaticus , qui a donné son nom à un boulevard à Vienne, mais tant qu’aucune preuve n’est établie…
Rappelons que Decimus Valerius Asiaticus, dit « Asiaticus le Viennois », était un sénateur romain, consul deux fois qui possédait à Rome « les jardins de Lucullus », un terrain où s’élève à l’heure actuelle la villa Médicis à Rome
Depuis le début des fouilles, Giulia Ciucci refuse de s’avancer sur le moindre nom. Pour l’heure…
Ce dont elle est sûre, « c’est que ce mausolée qui ressemble beaucoup à d’autres découverts en Italie est plus romain que gallo-romain : ce qui indique qu’il était destiné à quelqu’un de proche du pouvoir central à Rome ».
Des étudiants en archéologie venus de plusieurs universités françaises et étrangères ont participé également au chantier dans le cadre de leur formation aux méthodes de terrain
Les recherches doivent désormais se poursuivre afin de préciser la portée historique et scientifique de cette découverte.
En attendant la probable troisième campagne de fouilles… en 2027 ?
Photos DR CD69 Julien BOURREAU et C. Rousse


