Cent ans après leur naissance, Miles Davis et John Coltrane continuent de dessiner les contours du jazz contemporain. Rares sont les musiciens qui échappent à leur influence, tant leurs œuvres semblent inépuisables. Jazz à Vienne choisit de ne pas célébrer ces deux monuments dans la nostalgie mais dans la transmission.

Qui mieux que Terence Blanchard pouvait porter la voix de Miles Davis ? C’est lui qui se produira en 1ère partie à 20 h 30 samedi 4 juillet.

Trompettiste majeur de sa génération, ancien des Jazz Messengers d’Art Blakey, compositeur incontournable du cinéma américain, il partage avec son illustre prédécesseur le goût du risque et du renouvellement permanent.

À ses côtés, Ravi Coltrane ne se contente plus depuis longtemps d’être « le fils de ». Son parcours l’a imposé comme l’un des grands saxophonistes de notre époque, fidèle à l’esprit d’exploration de John et Alice Coltrane sans jamais chercher à les imiter.

Leur création, Miles / Coltrane – Legacy, ne promet pas un exercice de reconstitution. Elle interroge plutôt ce que signifie aujourd’hui jouer cette musique, faire vivre Kind of Blue ou A Love Supreme sans les enfermer dans le statut d’œuvres sacrées. Chez eux, l’héritage devient matière à invention.

Marcus Miller prendra le relais

L’histoire aide Marcus Miller qui se produira en 2ème partie, avec Miles Davis appartient désormais à celle du jazz. Bassiste, compositeur, producteur, arrangeur, il fut l’un des principaux artisans du spectaculaire retour du trompettiste au début des années 1980. Cette période, parfois contestée à l’époque, apparaît aujourd’hui comme l’une des plus fécondes dede la fin de sa carrière.

Pour We Want Miles!, Marcus Miller retrouve plusieurs compagnons de cette aventure : le saxophoniste Bill Evans, le guitariste Mike Stern et le percussionniste Mino Cinelu. Autour d’eux, une nouvelle génération prolonge l’esprit de cette musique, entre fidélité et invention.

Le titre du concert reprend celui du célèbre album live publié en 1982. Tout un programme. Il ne s’agit pas seulement de rejouer Miles Davis, mais de retrouver ce souffle qui faisait de chacun de ses groupes un laboratoire permanent, où le funk, le rock, le jazz et les musiques du monde s’invitaient dans une même conversation.

Au fond, ces deux soirées racontent la même histoire. Celle d’une musique qui ne cesse de circuler, d’inspirer, de se transformer. Le vendredi, elle emprunte les chemins du groove et de la danse. Le samedi, elle dialogue avec ses géants. Dans les deux cas, elle rappelle que le jazz n’est jamais figé. Il avance, porté par celles et ceux qui refusent de choisir entre la fidélité et l’invention.

(Texte : Paul Gonnet)

Demandez le programme !

Cybèle

12h | Devon Youth Jazz Orchestra 1
13h10 | Devon Youth Jazz Orchestra 2
16h | Alba Careta – Focus Espagne
19h | AMG

Jazz for kids

16h à 19h30 | Atelier POSCA – Jardin de Cybèle

Jazz ô musée

18h | Duo Miral – Musée gallo-romain Saint-Romain-en-Gal

Expositions

10h à 19h | Lucrèce Andreae – Librairie Les Bulles de Vienne
13h à 18h | Jazz Volumes – Centre d’art contemporain – La Halle des bouchers
14h à 19h | Miles Davis, 100 ans d’influence + Séance d’écoute commentée – Musée d’Histoire de Vienne – église Saint-Pierre
14h à 19h | Jazz à Minus IV – Galerie Minus
15h30 à 19h30 | Esprit & Compagnonnage – Galerie Test du Bailler, Vienne

Le kiosque de Cybèle

18h15 | Radio Jazz à Vienne
21h & 22h15 | Jam du Périscope
23h15 & 01h | DJ set : AMG

Le Club : la surprise Emma Rawicz, 24 ans

De l’énergie et de la poésie. Voilà ce qui se dégage de la musique et du souffle de la saxophoniste britannique Emma Rawicz qui se produit à minuit, samedi 4 juillet, au théâtre François Ponsard transformé en Club de Jazz.

À 24 ans, elle peut se targuer d’avoir suivi les meilleures formations, notamment à la Royal Academy of Music, d’avoir joué dans les grands clubs de Londres et dans de prestigieux festivals européens.

Sa venue au cœur de la nuit viennoise pourrait bien être une bonne surprise…