Mille structures régionales sont concernées.
Alors que l’accord avec le Mercosur est provisoirement suspendu du fait de la saisine de la justice européenne, le « conseiller spécial » de la Région, Laurent Wauquiez annonce que « la Région Auvergne-Rhône-Alpes boycotte sans délai tout produit issu du Mercosur. »
Et de détailler que « la Région refuse de se plier à une décision qui sacrifie son agriculture. Face à un accord injuste et déséquilibré pour l’agriculture française, elle fait le choix de l’action et annonce le boycott des produits concernés par le Mercosur pour ses propres commandes ainsi que pour celles réalisées pour le compte de 1 000 structures régionales par sa centrale d’achat pour un total de 50 M€ par an (cantines scolaires, restauration en EPHAD, etc…) »
Il précise : « dans les restaurants des lycées, cet engagement se traduit déjà concrètement avec la démarche « La Région dans mon assiette, anti-gaspillage : 80 % de produits régionaux dans les restaurants scolaires ».
Et de conclure : « Il n’y aura pas de viande et de produit du Mercosur dans nos cantines et dans nos restaurations en Auvergne Rhône-Alpes. Et quel que soit le destin du traité du Mercosur, nous refusons de prendre des produits qui viennent de ce territoire et qui ne respectent aucune règle ».
Pour l’opposition : « Quelle cohérence entre le discours régional et la réalité..? »
Le Groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’interroge suite à cette annonce.
Pour lui, « présentée comme un geste fort en faveur des agriculteurs locaux, cette déclaration soulève plusieurs questions sur la cohérence entre le discours régional et la réalité des pratiques d’approvisionnement. »
Et soulève effectivement un paradoxe dans l’argumentaire de Laurent Wauquiez : « En effet, la Région, qui se targue depuis longtemps de soutenir les filières locales et les circuits courts, semble reconnaître qu’une part des produits servis dans nos lycées proviendraient… d’Amérique du Sud. Cette contradiction entre l’affichage officiel et la réalité mérite d’être soulignée. »
Et le groupe d’opposition demande à l’exécutif de « préciser la proportion exacte de produits issus des pays du Mercosur jusqu’à présent dans les approvisionnements des lycées. S’agit-il d’un changement radical des pratiques ou simplement d’une formalisation de ce qui existait déjà ? La différence est loin d’être anodine pour les familles et nos agriculteurs locaux qui attendent des engagements concrets et chiffrés… »

