En provenance notamment des Monts-du-Lyonnais et du Rhône, hier près d’une trentaine de tracteurs ont investi depuis lundi dans la matinée la M7, à hauteur de Pierre-Bénite, à l’appel de la Coordination Rurale. Avec l’objectif affiché, comme en 2024 de s’y installer avec tout l’équipement nécessaire pour plusieurs jours.
Coupée dans les deux sens au niveau de l’usine Arkema et jusqu’à la jonction entre l’A7, la M7 et l’A450. la M7 à hauteur de Pierre-Bénite n’est plus que l’ombre d’elle-même. Plus une voiture, mais plein de tracteurs.
On y trouve désormais depuis hier au côté des tracteurs regroupés sur les voies, des chapiteaux, des braseros pour se réchauffer et même un dortoir de quinze lits, improvisé dans un conteneur !
On l’imagine sans peine : ce blocage provoque de gros bouchons, même si des itinéraires de délestage ont été mis en place par les autorités.
Déviations
La préfecture du Rhône a ainsi mis en place des déviations sur l’A7, l’A450 et la M7, et recommande aux automobilistes de privilégier l’A46 pour traverser l’agglomération. Elle appelle également » à anticiper ou reporter les déplacements dans le secteur. »
L’objectif de la Coordination Rurale à l’origine de ce mouvement comme l’illustrent les nombreux bonnets jaunes siglés CR, est de « durer ». Combien de temps ? Plusieurs jours, en tout cas, ils sont équipés pour…
Des arrêtés de la préfecture de Région que fustige Serge Genevay, le président de la Coordination Rurale le Rhône, décrétent l’interdiction de circulation pour les tracteurs (mais aussi, les engins agricoles et les véhicules transportant des tracteurs et engins agricoles, hors besoin pour travail agricole) pour éviter le blocage de nouvelles routes, notamment suite à l’appel de la Coordination rurale à rejoindre le mouvement à Paris.
« Détresse profonde »
Enfin, dans un communiqué commun, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA du Rhône dénoncent de leur côté une « détresse profonde » du secteur agricole, évoquant la concurrence internationale, les contraintes réglementaires, la baisse des prix et des difficultés sanitaires.
En l’absence de réponses rapides de l’État, les syndicats préviennent que la pression pourrait encore s’intensifier sur les routes autour de Lyon.
Reste que subsiste toujours pour les agriculteurs en colère, l’épée de Damoclès de la signature du Mercosur qui pourrait intervenir le 12 janvier prochain…

