Ce matin, le portail d’entrée de l’Ecole Nicolas Chorier fermée faute de professeurs-ils étaient tous en grève- était recouvert de banderoles.

Devant, aux côtés des enseignants et des parents d’élèves de la FCPE soutenue par des militants de l’Asti (association de solidarité avec tous les immigrés) et du Réseau d’Education sans Frontière, ainsi que des représentants de syndicats d’enseignants, soit une trentaine de personnes, avaient tenu à faire éclater leur indignation.

Le plus important point de crispation concerne l’épée de Damoclès qui pèse sur Nadia, une mère d’origine comorienne dont deux des trois enfants sont scolarisés dans cette Ecole depuis 2024 et le troisième à Ferdinand Buisson.

Elle est en effet menacée par une OQTF (une Obligation de Quitter le Territoire), alors qu’elle attend son titre de séjour depuis un an et demi.

« On quitte toute fraternité face à cette froideur administrative de l’Etat français. Pour nous ce n’est pas possible que des enfants quittent l’école en cours d’année dont un est par ailleurs de nationalité française car né en France » s’indigne Jean-Michel Geay, responsable de la FCPE des écoles Buisson et Chorier. »

Et de lancer : « Pour tout enfant de moins de seize ans, l’école en France est obligatoire. Or, avec cet OQTF, l’Etat déscolarise ses propres enfants ! »

Un recours a été déposé, soutenu par l’Asti et RESF. Une pétition a également été lancée.

Prenant ensuite la parole l’un des six enseignants en grève de cet établissement, explique : « si on est là, c’est pour répondre à notre engagement de défendre les droits des enfants de notre école. Nous ne tolérons pas que des enfants soient ainsi menacés ».

Deux autres raisons s’ajoutent à ce mouvement collectif parents/enseignants pour lutter contre ces « urgences sociales au pluriel ».

« Un enfant est déscolarisé parce que sa famille se retrouve à la rue et on nous dit qu’il n’y a pas de solution pour cette famille. Ce n’est pas entendable », ajoute Jean-Michel Geay.

Dernier point dénoncé par les parents et les enseignants : une des quatre AESH (ces personnels qui accompagnent dans l’école les enfants handicapés) qui est partie, n’a pas été remplacée.

« Nous sommes tous présents ce matin pour que notre école ne soit pas une sous-école », résume le représentant des parents d’élèves.