Thierry Kovacs, maire de Vienne, en compagnie d’Anny Gelas, conseillère municipale chargée des affaires funéraires et de techniciens de la société BDBF qui accompagne le projet, a organisé mercredi 23 septembre à la salle-des-fêtes une réunion d’information sur le projet de la municipalité de créer un crématorium à Vienne.

En introduction Thierry Kovacs et Anny Gelas expliquèrent que ce projet constituait une promesse de campagne.

Il s’agit avec ce projet « de répondre aux besoins des familles ».

Les crématoriums existant sont éloignés, Beaurepaire, Bron, ou Marcilolles, notamment. Il y a souvent de l’attente. « De six à dix jours, voire plus, précise, Anny Gelas, ce qui renchérit le coût des obsèques pour les familles. »

Il faut dire qu’actuellement près d’un François sur deux (46 % très précisément) choisit la crémation plutôt que l’inhumation. Un chiffre en hausse chaque année.

Pour édifier ce futur crématorium de 600 m2, le choix de la ville s’est porté sur le Mont Salomon, au sein de l’actuel cimetière paysager où la ville possède une parcelle suffisamment grande pour à la fois agrandir le parking actuel du cimetière et pour y édifier le futur crématorium.

 Un « petit » crématorium

Ce ne serait qu’un « petit » crématorium selon Anny Gelas avec une seule ligne de crémation.

L’étude menée par un cabinet spécialisé a en effet établi que ce crématorium concerne une population de près de 130 000 habitants allant bien sûr de Vienne au pays Viennois, mais concernant aussi une partie de la ville de Givors, mais encore une partie de la communautés d ‘agglomération du Pays de l’Ozon.

« Ce qui représenterait à son ouverture près de 500 crémations par an et selon les projections faite, près d’un millier à l’horizon 2050 »

Ce chiffre de 500 est important car c’est seulement à partir de ce ce niveau qu’un crématorium peut s’avérer rentable, selon l’équipe indépendante qui a travaillé sur ce dossier.

Indispensable car le choix de la municipalité porterait sur une délégation de service public (DSP). Elle ne gérerait pas en direct le crématorium , mais passerait donc par une société privée pour ce faire.

Dernier élément, ledit crématorium serait construit à une centaine de mètres de la route, « en partie enterré de 2 mètres, avec une architecture élégante, sobre et discrète, avec vue sur la vallée du Rhône ». On ne devrait ainsi pas le voir de la route.

Reste que ce projet qui a déjà bénéficié d’une délibération du conseil municipal et en bénéficiera d’une seconde en décembre 2026 pour lancer la procédure de consultation d’une délégation de service public, doit passer plusieurs obstacles pour aboutir.

Il doit avoir l’aval de différents services de l’Etat et passer par une enquête d’utilité publique qui selon le calendrier proposé pourrait être lancée fin 2027, début 2028.

Si le projet va à son terme, les travaux pourraient débuter fin 2018/début 2019 pour une inauguration qui se situerait aux alentours de 2030.

Les craintes multiples des riverains

Parmi les obstacles à franchir figure comme on a pu le constater lors de cette réunion publique, l’opposition des riverains vent debout contre le projet, nombreux à s’être déplacé pour exprimer leur opposition, même si toutes les chaises n’étaient pas occupés. Plusieurs centaines d’habitations sont situées dans un rayon de 500 mètres autour du futur crématorium. « Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les propriétaires qui habitent à proximité », assura l’un des riverains.

Les craintes sont multiples.

Elles concernent l’aggravation de la circulation déjà très chargée aux heures de pointe, d’autant que les différentes voies mènent aussi à l’hôpital.

A cet égard, Thierry Kovacs expliqua que les voies menant à l’hôpital seront améliorées, notamment en lien avec les importants travaux que va connaître l’hôpital Lucien Hussel. Et pour commencer à relativement brève échéance, le Chemin du Boucon, actuellement en mauvais état.

La pollution que pourrait entrainer le futur crématorium est aussi mise en avant par les riverains. « Cela ne représente par crémation l’équivalent de quelques centaines de kilomètres produit par un moteur diesel Euro 6 », expliqua le technicien de la société BDBF qui a en charge le dossier technique .

Il précisa en outre que seront installés des systèmes de filtration des fumées des plus performants. « Vous ne verrez pas de fumées », assura-il.

Le dernier argument mis en avant par un riverain en train de vendre son habitation est pécuniaire : « Nous craignons que la présence de ce crématorium n’entraine une décote de nos habitations » déplora-t-il.

Pour répondre à ces inquiétudes, Thierry Kovacs expliqua aux les riverains qu’ils auront toute latitude pour détailler leurs craintes et oppositions auprès du commissaire enquêteur, qu’ils auront accès à la totalité du dossier lors de l’enquête d’utilité publique, et qu’ils pourront faire évoluer le projet.

Reste que pour l’heure, ledit projet apparait assez solidement installé sur les rails et semble bien parti pour suivre son cours…