Il succède au commissaire Guillaume Colas, promu n° 2 de la Police aux frontières (Paf) du Rhône qui était en poste à Vienne depuis deux ans : la centaine de policiers du nouveau commissariat de Vienne ont un nouveau « patron » depuis le 1er juillet : Barthélémy Giraud, 27 ans, frais émoulu de l’Ecole de Saint-Cyr-du-Mont-d’Or, près de Lyon, la seule en France à former les commissaires de police.
C’est donc à Vienne qu’après ses deux années d’études à l’ENSP (l’Ecole nationale supérieure de police de Saint-Cyr-au-Mont-d’or) que Barthélémy Giraud est désormais confronté pour la première fois à la réalité du terrain.
Ce Lyonnais de 27 ans qui est arrivé en poste le 1er juillet en plein Festival de Jazz avec ses contraintes de sécurité, a découvert d’emblée « un commissariat qui a la chance de posséder une très bonne équipe, rassemblant de manière complémentaire, à la fois des policiers présents depuis longtemps à la grande expérience, avec de nouveaux nouveaux arrivants plein d’idées, comme je peux déjà le constater au quotidien ».
Souvent l’arrivée dans la Police, comme par ailleurs dans la gendarmerie, se fait par atavisme familial.
Ce n’est pas du tout le cas de Barthélémy Giraud. « Il n’y a pas l’ombre d’un fonctionnaire dans ma famille », reconnaît-t-il.
« Comme une quête de sens »
Quel a donc été le facteur déclenchant de son choix pour la Police nationale ?
« Ce sont les attentats de 2015, alors qu’à 16 ans, j’étais adolescent, à l’âge où l’on construit sa personnalité que quelque-chose s’est produit chez moi, comme une quête de sens », décrit le nouveau commissaire viennois.
D’où son choix pour des études de Droit qui l’amènent d’abord à une licence obtenue à l’Université Lyon 3.
Une commissaire « inspirante »
Ce choix de la police est conforté par la rencontre avec une commissaire de police à Lyon lors d’un stage dans un commissariat : « J’ai croisé une commissaire très inspirante. C’est là où mon projet d’entrer dans la police s’est définitivement ancré en moi », explique-t-il.
Barthélémy Giraud enchaîne alors avec un « Master de sécurité intérieure », puis avec deux diplômes obtenues à Lyon et à Paris, en partenariat avec l’Ecole de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, traitant du droit public, du droit des religions et du phénomène de radicalisation.
Il intègre alors Science-Po Paris pour préparer le concours d’entrée à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or qu’il réussit du premier coup. Un concours extrêmement difficile avec seulement cette année là 5,8 % de réussite.
Au regard de son classement de sortie, il choisit donc Vienne pour son 1er poste. Un poste qu’il va occuper pour au minimum deux ans, et au maximum cinq ans, la profession de commissaire impliquant des mutations fréquente au cours d’une carrière.
Arrivant en plein festival, « j’ai bénéficié d’un tuilage avec le commissaire Guillaume Colas, ce qui est rare lors d’un passage de témoin au sein d’un commissariat : un message fort de notre administration à l’égard de cette circonscription de police qui m’a permis une prise de fonction en douceur », se félicite le nouveau commissaire qui a pu ainsi entrer facilement dans son premier poste.
Ce qu’il entend apporter en tant que nouveau « patron » du commissariat de Vienne ?
Lutte contre le narco-trafic
« J’ai l’avantage d’être jeune, fraîchement sorti de l’Ecole de Police : je vais pouvoir moderniser les pratiques, notamment en matière numérique car dans la Police, nous développons de plus en plus d’outils numériques. »
A la tête du commissariat de Vienne, il va devoir mettre en œuvre les trois priorités nationales dévolues à la Police par le Ministère ; des priorités qu’il décline : « la lutte contre les violences intra-familiales ; celle contre les violences faites aux élus de la République et enfin, la lutte contre le narco-trafic. »
Sur ce dernier point, le nouveau commissaire se réjouit pour mener ses actions, de la présence à Vienne d’une « brigade des stups, ce qui est rare pour un commissariat de cette taille. »
Un outil supplémentaire pour lutter contre le fléau de la drogue : « un vrai sujet à Vienne, du fait à la fois la présence à proximité de l’Autoroute A7 et de l’agglomération lyonnaise. »
Autre objectif qu’il s’assigne : « fluidifier encore plus les échanges entre les différentes services et les partenaires du commissariat, entre la gendarmerie, le tribunal judiciaire et autres, beaucoup de problèmes peuvent être résolus à Vienne avec un seul coup de fil ! »


