Depuis 2004, ce sont les scolaires au nombre de 9 000 en deux concerts successifs qui ouvrent traditionnellement Jazz à Vienne avec une création jeune public. Mais c’est la première fois en vingt-deux ans que ces deux concerts se déroulent en pleine période caniculaire.
Jazz à Vienne avait décidé de maintenir le spectacle, malgré la vigilance canicule orange en cours, mais s’était donné les moyens pour que ce concert qui a démarré à 10 heures, dans un théâtre antique encore à l’ombre se déroule dans les meilleures conditions.

Et ces moyens avaient notamment pour nom… brumisateurs, sous toutes les formes.
Suspendu dans les airs, c’est un tel dispositif qui accueillait les élèves dès l’entrée au théâtre antique, les élèves et enseignants étant ensuite aspergés pendant tout le spectacle par des bénévoles de Jazz à Vienne avec plusieurs niveaux d’intensité.

Une ambiance plutôt inusitée qui n’a pas empêché l’accordéoniste de Jazz aux pieds nus, Vincent Peirani, maître d’œuvre de la création, de dérouler son spectacle riche d’aventures et d’émotions car issu d’un conte scandinave mettant en scène une jeune fille Ronja, fille d’un brigand, la forêt et les créatures qui y vivent.…

Il était entouré de deux ensembles à la forte énergie, « Journal Intime « et « Jokers » mêlant Jazz, improvisations, et bien sûr et Vincent Peirani, ne s’en priva pas ; mais aussi émaillé de nombreux chants interprétés par un chœur adulte amateurs, mais aussi le chœur d’enfants de la classe de CM1/CM2 de l’École Paul Bert à Vienne, offrant de fort belles envolées et donnant chair à la forêt, aux créatures et aux brigands parcourant ce conte…

Ce spectacle/conte musical riche en rebondissements est en revanche sans doute un peu trop émaillé de textes lus par le chanteur Sanseverino et Odile Sicard de la Comédie Française, les deux voix d’un récit qui demandait une forte attention aux enfants pour suivre l’histoire. Or, vu les circonstances, leur attention s’évaporait parfois à la vitesse de l’eau déversée sur les gradins…

Ce qui restera de ce spectacle musicalement enlevé, restera sans doute le bel imaginaire développé, exprimé vocalement et musicalement sur scène, permettant aux enfants de s’échapper pendant plus d’une heure vers d’autres brumes : scandinaves, celles là…
Dans ce conte initiatique pour la jeunesse, in fine, l’héroïne Ronja doit choisir entre loyauté familiale et liberté… C’est cette dernière qu’elle choisit, bien sûr, bien en phase avec le jazz, musique de la liberté…



