« le principe de pleurs payeur ne se négocie pas ! » pour le premier magistrat de Chasse-sur-Rhône, commune en première ligne sur la question des PFAS, ces polluants éternels.
Christophe Bouvier qui vient d’être réélu maire de Chasse-sur-Rhône s’insurge sur « le report ou l’affaiblissement de la taxe sur les rejets de PFAS, pourtant votée par le Parlement : ce n’est pas acceptable », assure-t-il.
Adoptée le 27 février 2025, cette loi instaure un mécanisme fondé sur le principe du pollueur-payeur, à travers la création d’une redevance sur les PFAS.
Les PFAS, dits “polluants éternels”, sont désormais identifiés comme un enjeu majeur de santé publique, en raison de leurs effets associés à certains cancers, à des troubles de la fertilité, ainsi qu’à des atteintes du foie et du système immunitaire.
Pour Christophe Bouvier, » dans ce contexte, tout report de l’application de cette redevance ne constitue pas seulement un mauvais signal politique et sanitaire : il représente aussi un manque à gagner considérable pour l’État et, par conséquent, pour l’action publique en matière de contrôle, de prévention et de dépollution. »
Et la maire de Chasse-sur-Rhône d’enfoncer le clou : « le choix de repousser l’entrée en vigueur de la taxe au 1er septembre 2026, soit la borne la plus tardive envisagée, a permis de facto d’accorder plusieurs millions d’euros d’économies aux entreprises concernées, au détriment de l’intérêt général. Pourtant, selon le ministère de la Transition écologique, plus de 200 entreprises devaient être assujetties à cette redevance. Ce même document évaluait à environ 21 millions d’euros par an le rendement de cette taxe pour l’État. »
« On fait passer des intérêts économiques avant les exigences de santé publique »
Pour lui, « en retardant l’application d’un dispositif voté démocratiquement, ce sont non seulement les pollueurs qui échappent provisoirement à leur responsabilité financière, mais aussi l’État qui se prive de recettes substantielles pouvant être mobilisées pour protéger la ressource en eau, renforcer les contrôles et accompagner les territoires confrontés à ces pollutions. Ce décalage est d’autant plus choquant qu’il revient, dans les faits, à faire passer les intérêts économiques de quelques grands groupes avant l’exigence de santé publique et de justice environnementale. »
Et Christophe Bouvier de conclure : « Il est inacceptable que les habitants, les collectivités et les usagers aient à subir les conséquences de pollutions qu’ils n’ont pas causées pendant que les industriels responsables voient leur contribution retardée. Le principe pollueur-payeur ne peut pas être une variable d’ajustement. Lorsqu’une mesure de responsabilité a été votée par le Parlement, elle doit être appliquée pleinement, avec transparence et sans recul. »

