A un peu plus d’une semaine du premier tour de la campagne électorale, vivre-vienne a interrogé les quatre têtes de liste en campagne qui s’opposent pour remporter le siège de maire de Vienne. Et ce, à la fois pour tirer un 1er bilan de cette campagne électorale, beaucoup plus animée, voire agressive que la dernière en date, marquée par le Covid et aussi pour se projeter dans le jour d’après.
Pour commencer, entretien avec Thierry Kovacs, maire sortant, tête de liste « Avec vous pour vous pour Vienne » .

Vous avez été le premier à partir en campagne, dès juin 2024. Avec le recul, ne regrettez vous pas d’être parti trop tôt ?

Thierry Kovacs- Rétrospectivement, non, car avant de partir en campagne il faut construire un projet.C’est d’abord ce que nous avons entrepris et ce qui demande du temps puisque nous avons organisé 16 forums thématiques qui ont réuni 2 800 Viennois.

De ces forums sont nées 132 nouvelles propositions qui s’ajoutent à celles du précédent mandat. C’est le temps d’une gestation : il nous a fallu neuf mois pour construire ce programme.

En ce qui vous concerne, vous et la liste que vous menez, « Avec vous pour vous pour Vienne », comment se déroule votre campagne ?

J’adore ce moment. C’est pour moi la partie la plus intéressante de la campagne : les rencontres avec les Viennois à travers notamment les réunions d’appartements. J’en suis à 53 et à la fin de la campagne, j’en aurai effectué avec mes colistiers, un total de 57. Cela m’aura amené à rencontrer près d’un millier d’électeurs ! Des Viennois à qui nous présentons notre bilan et à qui proposons notre vision de l’avenir.

Pendant le même temps, les colistiers effectuent du porte à porte : 2 700 portes passées !

Et je n’oublie pas les réunions que nous organisons dans les quartiers qui nous ont permis de rencontrer 800 Viennois.

La campagne a semblé plus agressive que les deux autres auxquelles vous avez participé, puisque c’est votre 3ème candidature à Vienne. Est-ce votre analyse ?

Je me suis concentré sur le dialogue et me suis engagé à ne jamais parler de mes adversaires. Mais malheureusement chaque campagne a sa période de « boules puantes ».

Je pense que le rôle d’une campagne est de présenter ses candidats et de dire quelles compétences ils apportent à la liste, ses projets et la vision d’avenir pour la ville…

Qu’est ce qui vous a le plus chagriné dans votre campagne ?

Rien.

Et a contrario, qu’est-ce qui vous a le plus enthousiasmé ?

Je suis très heureux d’être entouré de 38 colistiers qui partagent la même vision de la Ville et qui s’entendent bien entre eux.

Mais ce qui m’enthousiasme le plus est de constater que la mobilisation est la plus forte que j’ai pu vivre lors d’une campagne à Vienne.

Je sens qu’une dynamique s’est réellement créée.

Cette campagne  a également été marquée par un drame, la mort de Quentin Deranque , un natif de Vienne Condrieu Agglomération. Ce drame va-t-il à votre avis laisser des traces politiques ?

La mort de ce jeune dans une manifestation politique est un drame que l’on n’aurait pas pu imaginer il y a quelques mois.

Elle illustre le fait que la violence physique est le prolongement de la violence verbale. Ceux qui portent la violence dans les discours portent une responsabilité.

Ainsi, lorsqu’il y a eu à Vienne une manifestation autorisée devant le Palais de Justice en mémoire de Philippine, l’extrême-gauche n’aurait pas dû organiser au même moment une contre-manifestation non autorisée. Cela n’a eu pour effet que de créer un fort moment de tension entre les deux groupes.

Il y a un moment où en politique, on doit rester dans le combat des idées. Il faut combattre les idées par les idées.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut à la fois, faire barrière à l’extrême-droite, comme à l’extrême-gauche.

Quels sont les thèmes que les Viennois que vous avez rencontré au cours de cette campagne, ont le plus mis en avant ? Quelles sont leurs préoccupations ?

Les Viennois reconnaissent que la Ville s’embellit et quand je dis la Ville, c’est toute la Ville, y compris la Vallée de Gère, Malissol, etc.

J’ai entendu aussi dans leur bouche la reconnaissance que l’on ne connaît pas à Vienne en matière de violence et de délinquance ce que connaissaient d’autres villes.

Mais ce que j’entends aussi et surtout dans les réunions de quartiers et dans les réunion d’appartements, ce sont toutes les petites choses du quotidien à auxquelles il faut être attentif : les crottes de chien, les cheminements piétonniers, la vitesse excessive des voitures, etc.

Les Viennois me parlent aussi du sujet du stationnement. Mais ils ont compris que si l’on a supprimé 600 places, on en a aussi créé 800, ce qui fait un solde de créations de 600 places de stationnement.

Et vous même au cours de ces rencontres, quelle sont les trois mesures ou projets que vous avez le plus mis en avant ?

C’est d’abord la poursuite de la transformation de la Ville et de ses quartiers ; et ce, sans que ni les impôts, ni la dette de la Ville n’augmentent.

Nous nous étions engagés à ce que la taxe foncière en soit pas augmentée, nous l’avons même baissée : Vienne figure désormais parmi les huit plus grosses villes de l’Isère où la taxe foncière est la plus basse.

J’exprime aussi notre volonté de continuer à épargner la Ville de l’explosion de violence que l’on peut constater ailleurs.

Enfin, sur un sujet sensible, celui de l’accès aux soins j’explique que la situation à Vienne s’améliore avec la création d’une maison de santé pluri-professionnelle à l’Espace Saint-Germain et la rénovation de l’hôpital à hauteur de 115 millions d’euros ; ce qui répond à un vrai besoin.

Enfin, quels sont les trois mesures ou projets phares que vous mettrez en œuvre si vous retrouvez votre fauteuil de maire ?

Ce sera d’abord dès le début du mandat la pose de la 1ère pierre de la Maison de santé pluri-professionnelle qui rassemblera à Saint-Germain, 35 soignants.

Ce sera ensuite le déploiement de nouvelles caméras de vidéo-surveillance dans le Ville. Il y en a 320, nous monterons ce chiffre à 500.

Ce sera enfin l’inauguration du cours Brillier, marquant la fin d’un grand chantier.

Si vous êtes élu, ce sera votre 3ème mandat. Le temps long est nécessaire pour changer une ville ?

C’est vrai, j’ai pu le constater, il faut bien trois mandats pour transformer une ville.

Regardez l’évolution de la population viennoise. En 1968, Vienne comprenait 29 000 habitants. On retrouvait exactement ce même chiffre en 2018. En un demi-siècle, la ville n’a pas gagné un habitant, alors que toutes les autres communes voyaient leur population grossir, parfois fortement.

Or, depuis 2018, nous sommes passés de 29 000 à 32 000 habitants.

Pour autant nous ne cherchons pas à porter la ville à 40 000 habitants. Mais cet accroissement de la population nous permet de gagner 500 000 euros de taxe foncière, ce qui nous permet d’investir, sans pour autant augmenter les impôts…

Photo-Thierry Kovacs lors du débat entre les 4 têtes de liste vendredi 27 février organisé à Vienne par  RCF.

Demain : l’interview d’Erwann Binet, tête de liste de « Vienne Vivante »