C’est le moins que l’on puisse dire, l’intervention à l’occasion de la 1ère conférence de presse depuis le lynchage de Quentin, jeudi dernier à Lyon, en marge d’un meeting, près de Sciences-Po de Thierry Dran, procureur de Lyon, était très attendue.

Si on a pu avoir par la voix du procureur des précisions sur les circonstances du drame, de nombreuses interrogations restent après l’intervention du responsable du parquet de Lyon.

Tout d’abord, a t il précisé : « les auteurs sont en train d’être identifiés, mais aucune interpellation n’a eu lieu pour l’heure. »

Pas de noms, ni d’organisation cités

Il n’a pas été non plus question pour lui de désigner l’organisation à laquelle appartiendraient les auteurs du lynchage, la responsable de Némésis, citant, elle « La Jeune Garde » située à ultra-gauche. Ni celle de la présence ou non de Jacques-Elie Favrot, l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, l’un des principaux créateurs de la « Jeune Garde ».

« un traumatisme crânio-encéphalique majeur »

On a pu d’abord avoir de la bouche du procureur le résultat de l’autopsie de Quentin opérée ce matin qui « présentait essentiellement des lésions à la tête », dont « un traumatisme crânio-encéphalique majeur », « au-delà de toute ressource thérapeutique et mortelles à brève échéance ».

« Violences aggravées par trois circonstances »

D’où des chefs d’inculpations renforcés.

« Une enquête criminelle des chefs d’homicide volontaire » a été ouverte, a ainsi annoncé le procureur : une enquête délictuelle pour violences aggravées par trois circonstances, réunion masquée et porteur d’armes, et du chef d’association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni de cinq ans d’emprisonnement. »

L’enquête a été confiée à la division criminelle territoriale. « Les investigateurs ont effectué de très nombreuses investigations, notamment les auditions de plus d’une quinzaine de témoins, des analyses de vidéos.

C’est au niveau des circonstances que les éléments présentés par le procureur ont été les plus précis.

La séquence se terminant par le lynchage de Quentin a ainsi débuté « vers 18 heures, les hommes chargés d’aider le collectif Némésis étaient « pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués, cagoulés ».

. « La plupart parvenaient à s’enfuir, mais trois personnes se retrouvaient isolées et étaient immédiatement frappées par plusieurs individus. »

« Frappés au sol par au moins six individus »

« Ces trois jeunes hommes, dont Quentin Deranque, étaient alors jetés au sol puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six. »

« Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir et tandis que Quentin restait au sol, le groupe des personnes les ayant frappés se retirait. »

« Vers 17 h 30, en marge d’une conférence de la députée européenne Rima Hassan de La France insoumise, un petit groupe de jeunes femmes du collectif Némésis organisait une démonstration devant l’institut d’études politiques de Lyon pour dénoncer cette venue en déployant une banderole. Il avait au préalable demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violences. Néanmoins, ces derniers restaient à l’écart », a commenté le procureur.

« Des violences exercées sur deux jeunes-femmes »

« Rapidement, plusieurs individus intervenaient pour tenter d’arracher la banderole, puis exerçaient des violences sur au moins deux des jeunes femmes. Et, selon leur témoignage, l’une aurait été étranglée, l’autre jetée au sol, puis frappée à terre et bénéficie d’ITT de deux et cinq jours.

A ce stade, les jeunes hommes chargés d’aider le collectif Némésis n’intervenaient pas. », a-t-il conclut cette brève conférence de presse.