Produisant actuellement 15 000 bouteilles, à 28 ans, ce représentant de la jeune garde des viticulteurs vise à terme près de 50 000 flacons.
A la tête du domaine Criner Estevan, Elio Estevan, 28 ans, est le dernier viticulteur en date à s’être installé sur les coteaux de Seyssuel, ce qui porte à vingt-sept, l’ensemble des vignerons installés à Vienne, Chasse-sur-Rhône ou Seyssuel sur les terres de la future appellation « Vienne-Seyssuel » dont on attend toujours le décret, mais promis juré, ce devrait être pour 2026 !
En tout cas, la jeune génération de viticulteurs y croit et entend travailler pour l’avenir de cette future appellation. C’est le cas d’Elio Estevan qui a notamment été formé auprès de grands noms tels que Yves Cuilleron ou Alain, Antoine et Maxime Graillot, après avoir effectué d’abord des études dans le commerce du vin.
Si le domaine que dirige Elio Estevan porte le nom de Criner Estevan c’est qu’il est fruit d’une association familiale entre lui et son oncle, Pierre Criner, promoteur immobilier qui possédait des terres familiales sur les coteaux à Seyssuel et Chasse-sur-Rhône et qui a financé son installation.
En contrebas du vignoble

Il a fallu d’abord trouver une ancienne ferme pour y installer un chai avec sa cuverie, ses tonneaux et ses fûts. C’est fait : ce second chai présent sur les coteaux après celui du domaine Eymin-Tichoux, est installé au n° 550 chemin des Gardières, en contrebas du vignoble, facilement accessible.
Après des années de travail, de plantation, d’observation et de patience, les premières vendanges ont eu lieu en 2022, donnant naissance aux premières cuvées signées Criner Estevan.
Elio Estevan a d’abord planté de la serine, le cépage d’origine de la syrah ; puis a commencé à développer d’autres vignobles, notamment à Ardoix en Ardèche où il produit notamment un saint-joseph et un vin de pays. Il propose également un vin à base de Dureza, un cépage ancien qui renaît de la sorte.
Un vin bio qui « s’apparente presque à un vin nature »
Son ambition : « faire un vin bio qui s’apparente presque à un vin nature avec simplement un peu de sulfite et de la filtration ». Il est ainsi l’un des rares à opter à la fois pour le bio et pour la serine, ce cépage originel qui a donné la syrah : un cépage qui a l’avantage de donner des vins très typés, avec de tout petits rendements : 15 hectos/ha. Et on sait qu’en matière œnologique, faible quantité rime en général avec qualité. C’est le cas !
A base de serine, « Pure Roche », la cuvée signature du domaine cultivée à 200 mètres d’altitude sur des micaschistes et quartz, des sols très pauvres, est classée (pour l’heure) en IGP Collines Rhodaniennes : basée sur une fermentation en levures indigènes, elle passe 12 mois en fûts de 228 litres.
Elle donne un vin très expressif où s’expriment des arômes de cassis et de mûres sauvages.
La production 2025 du domaine Criner-Estevan est encore faible : 15 000 bouteilles produites en 2025 dont près d’un tiers est vendu directement à la cave à Seyssuel. Le reste part via les cavistes et les cafés hôtels restaurants (CHR), mais aussi à l’export.
Objectif à terme : produire près de 50 000 bouteilles. le fait d’avoir un chai in situ devrait grandement l’aider parvenir à cet objectif…


