Plusieurs paramètres ont joué en 2025 pour provoquer une forte diminution de la fréquentation des huit salles du cinéma l’Amphi à Vienne (-21 %) : l’absence de grands films, aptes à attirer le public en nombre, tant français qu’américains, la concurrence des nouvelles salles du Péage et de Givors et les travaux dans Vienne… Entretien avec Nathalie Bouquet, gérante du multiplex viennois.

Quel bilan tirez vous de la fréquentation de vos salles de cinéma, en 2025 ?

Nathalie Bouquet-Le bilan n’est pas bon puisque nous avons connu une baisse de la fréquentation des huit salles du multiplex, de 21 %. C’est bien simple, nous sommes passés de 279 000 entrées en 2024 à 220 000 seulement en 2025. Nous étions à 300 000 en 2023 !

Quelles sont les raisons qui expliquent cette chute locale importante, alors que les chiffres au plan national, s’ils ne sont pas bons non plus, affichent une baisse moindre, de 13 % ?

Le première et la plus importante explication tient au fait que nous avons manqué de films importants, aptes à attirer le public en nombre. Tant en France qu’aux Etats-Unis où nous subi avec un décalage la grève des scénaristes d’Hollywood.

En fait, les films qui ont fait le plus d’entrées sont arrivés tardivement pour les Fêtes, en fin d’année. C’est le cas de Zootopie qui a réalisé 10 000 entrées, 1er film 2025 ou d’Avatar qui a attiré 7 000 personnes, en 3ème position. Il faut y a jouter cet été Lilo et Stitch. Il s’agit de trois films américains, alors qu’en général il y a un équilibre à 50/50 entre les films français et américains.

Y a -t-il d’autres raisons pour expliquer cette forte chute ?

Oui, il en existe deux autres. La seconde est liée à la concurrence du cinéma du Péage-de-Roussillon qui est désormais un multiplex de 5 salles. Les habitants qui se déplaçaient à Vienne ne viennent plus ; et de manière plus marginale, la création du multiplex de Givors.

Enfin, certains spectateurs nous ont expliqué qu’ils ne venaient plus du fait des travaux importants dans Vienne. Heureusement cette dernière raison ne va bientôt plus jouer…

Quelle est la conséquence économique pour votre activité de cette chute de 21 % de la fréquentation de l’Amphi ?

Elle est lourde puisque pour la 1ère fois de notre histoire, hormis la période Covid, nous serons dans le rouge. Il ne faudrait pas que nous connaissions en 2026 une année aussi mauvaise !

Et ça en prend le chemin ?

Heureusement, non. Nous avons fini 2025 et commencé 2026 bien mieux que l’année dernière grâce donc à de grosses locomotives cinématographiques.
Et par bonheur, d’autres sont annoncée, comme prochainement « Le Marsupilami », « LOL2 » avec Sophie Marceau, « Avengers », « SuperMario 2 », « Toy Story », « Gourou », « Compostelle ». On constate que lorsque nous projetons de tels films, le public est bien présent et revient.

Nous avons également maintenu le même prix pour les places. La dernière augmentation date du 1er janvier 2025, et elle était de 20 centimes. Aujourd’hui une place de cinéma à l’Amphi coûte 9,10 euros et revient à seulement 6,90 euros si vous prenez l’abonnement de dix places.

Vous devriez donc rebondir en 2026 ?

Je l’espère avec nos douze salariés. Et nous faisons tout pour, en continuant à investir pour améliorer la qualité de nos salles.

En 2025 nous avons intégralement changé les fauteuils de la grande salle de 385 sièges. Et nous avons commencé à changer quatre appareils de projection sur huit qui ont été remplacés par des lasers qui apportent une meilleure qualité d’image. Nous avons même amélioré aussi le son dans certaines salles. Et nous allons poursuivre ces investissements. Il faut savoir qu’un seul appareil de projection laser coûte 80 000 euros…

Nous pensons que l’avenir de nos salles passe par un meilleur confort, une meilleure image et un meilleur son. la reconquête de notre public passera aussi par la technique !