Ce pourrait être l’un des plus importants procès en Europe contre des entreprises soupçonnées d’être à l’origine de la pollution aux PFAS. Les riverains demandent plus de 36 millions d’euros pour « réparer leurs préjudices ».

Après la Métropole de Lyon qui, a assigné en mars 2024, Arkema et Daikin devant le tribunal judiciaire de Lyon en référé expertise pour faire la lumière sur leur responsabilité dans la pollution aux perfluorés (PFAS), d’autres actions du même type ont été engagées depuis, par un collectif de municipalités riveraines menées par Oullins-Pierre-Bénite ; ou encore Vienne Condrieu Agglomération et d’autres communautés d’agglomération.

Mais cette fois c’est l’un des plus importants procès du genre en Europe contre deux entreprises chimiques suspectées de produire des PFAS qui pourrait bien s’annoncer.

Arkema et Daikin Chemicals, les deux groupes suspectés d’être à l’origine de la plus importante zone de pollution aux PFAS en France, ont été assignés devant le tribunal judiciaire de Lyon par 192 adultes et enfants.

Selon notre confrère Le Monde, les deux industriels ont été très précisément assignés devant le tribunal judiciaire de Lyon, jeudi 29 janvier.

Les 192 riverains – dont 25 mineurs – sont accompagnés dans cette procédure par quatre associations, en l’occurrence, « Notre affaire à tous », « Eau bien commun Lyon-Métropole », « Sauvegarde des coteaux du Lyonnais » et « Sauvegarde de la vallée de Francheville », également engagées dans cette action en justice

« Réparer leurs préjudices »

Dans l’assignation, toujours selon Le Monde, les riverains sollicitent la condamnation des deux entreprises à « réparer leurs préjudices ».

C’est le cabinet Kaizen Avocats, qui a établi le dossier juridique, via le recensement des données médicales, des analyses sanguines, d’eau et de sols, etc.

Le cabinet d’avocats réclame ainsi 190 000 euros par riverain pour l’ensemble des préjudices identifiés, soit au total près de 36,5 millions d’euros.

Un coût de dépollution faramineux

A savoir que les coûts de la dépollution concernant les PFAS dans la vallée de la chimie sont estimés à près de 2 milliards d’euros d’ici à 2045 : 1,7 milliard d’euros pour traiter les sols contaminés et 107 millions pour les eaux rejetées dans la Vallée de la chimie…

A un tout autre échelon, au niveau de l’ensemble de l’Europe, les mesures de dépollution qu’il faudrait prendre pourraient coûter entre 370 et 1 700 milliards  d’euros selon le scénario le plus pessimiste, d’ici à 2050, selon un rapport commandité par la Commission européenne, publié jeudi 29 janvier, le même jour que le dépôt de plainte des riverains !

Photo : usine Arkema de la Vallée de la Chimie à l’entrée de Lyon.