Une manifestation des agriculteurs en colère, tôt en ce matin de ce lundi 11 mai (aux alentours de 3 h 30) a convergé vers le lieu d’expédition des camions-citernes transportant les carburants issus de la raffinerie de Feyzin au Sud de Lyon.
Traversant Vienne, une douzaine de tracteurs des agriculteurs des « Agris de l’A7 « émanant d’agriculteurs des alentours de Vienne qui avaient déjà bloqué le péage de Reventin-Vaugris au début du mois de janvier dernier, ont ensuite emprunté, non pas l’autoroute, mais par la D4 qui le longe jusqu’à Feyzin, à hauteur de la raffinerie.
L’opération fort matinale visait à rejoindre d’autres manifestants venus aussi de toute l‘Isère, de la Loire, de l’Ain et de la Haute-Loire « syndiqués et non syndiqués », ainsi que les membres de la Coordination Rurale.

Ils se sont retrouvés face à de nombreuses forces de l’ordre, CRS notamment, qui les attendaient de pied ferme bloquant donc la circulation, non pas sur l’autoroute A7, mais la route menant à la zone d’expédition des carburants située, non loin, mais hors de la raffinerie Feyzin.
Contrairement aux précédentes, cette manifestation avec force bennes et tracteurs, n’avait pas eu l’aval de la préfecture et était donc non déclarée.
D’ailleurs, , la veille, un arrêté préfectoral avait » interdit tout rassemblement revendicatif »ce lundi 11 mai dans plusieurs communes du sud lyonnais, dont notamment… Feyzin et le port Edouard Herriot à Lyon.
C’est sans doute l’ampleur annoncée de cette manifestation des agriculteurs qui a fait peur aux autorités. On sait que le gouvernement dans le cadre de la flambée des prix des carburants craint comme la peste toute forme de retourne mouvement, façon gilets jaunes.
Les raisons de cette manifestation très matinale tiennent en effet bien sûr à la question des prix du carburant, en particulier du gasoil non routier, estimé beaucoup trop cher et qui « plombe » encore plus les revenus des agriculteurs.
« Le gasoil routier a été multiplié par deux. De 0,90 euro, on est à 1,70 euro. Sur les quatre derniers mois, l’augmentation est de 70 %. Ce qui a des conséquences pour nous, beaucoup n’y arrivent plus, mais aussi pour les consommateurs. Les produits en magasin, viande, œufs, céréales… etc. vont connaître une hausse des prix liée à la hausse des coûts de production », stigmatise ainsi un responsable syndical.
Bref, la goutte (de carburant) de trop qui alimente une colère paysanne latente…
Photo : ce matin du lundi 11 mai à Feyzin


