Le projet avait été officiellement présenté en septembre 2023. Trois ans après, les choses avancent. L’enquête d’utilité publique est terminée. Désormais c’est au tour des communes concernées de se prononcer. Les élus de Salaise-sur-Sanne viennent ainsi de se prononcer favorablement à l’unanimité. Si le processus se prolonge sur cette lancée, le site chimique des Roches/Roussillon devrait avoir son usine de e.méthanol à l’horizon 2029.

L’alcool méthylique ou méthanol qui est le plus simple des alcools est un produit beaucoup utilisé dans l’industrie chimique.

Le problème est que sa production classique est fort consommatrice d’énergie et donc productrice de CO2.

Beaucoup d’entreprises chimiques cherchent donc à produire un méthanol bas carbone, peu ou pas producteur de CO2.

Or, c’est une telle production qui devrait sortir de la PME Elyse sur la plateforme chimique des Roches Roussillon au Sud de Vienne, à l’horizon 2029.

L’enquête d’utilité publique est terminée

L’enquête d’utilité publique normale pour un projet d’une telle ampleur, soit un investissement de 750 millions d’euros, vient d’être terminée.

Jeudi 5 mars, c’était au tour du conseil municipal de Salaise-sur-Sanne à l’instar des communes concernées de se prononcer. C’est fait : le vote a été unanime pour donner le feu vert à ce projet qui devrait créer 80 emplois directs et 240 emplois indirects. Plutôt bon à prendre.

Et ce, d’autant que ce projet va dans le sens de l’histoire, entendons-nous, celui de de la décarbonation de notre industrie.

C’est la raison pour laquelle ce projet a été lauréat du Fonds Européen pour l’innovation.

Electricité nucléaire et CO2 de Lafarge

Ce e.méthanol sera en effet fabriqué à partir d’hydrogène vert qui sera produit sur place par électrolyse de l’eau avec un électrolyseur implanté sur la plateforme et connecté au réseau de transport d’électricité (RTE). Ce sera de l’électricité renouvelable alimentée par le nucléaire.

Elle utilisera aussi pour sa production du C02 capté non loin de là, à 100 km précisément, dans les fumées de l’usine de cimenterie Lafarge du Teil en Ardèche.

Le méthanol produit par Elyse sera destiné à l’industrie, comme matière première pour la cosmétique, l’alimentation pour animaux, le plastique, la peinture, etc.

Mais aussi comme substitut au fuel lourd pour le transport maritime comme alternative aux carburants fossiles : actuellement près de 200 navires propulsés au méthanol sont en construction dans les chantiers navals du monde entier !

L’enjeu affiché par cette unité de production de méthanol est double : décarboner cette molécule, mais aussi renforcer la souveraineté française puisque la quasi-totalité de la consommation actuelle est importée ! Bon pour la planète et bon pour la balance commerciale….

La plateforme les Roches-Roussillon où sera implantée cette usine accueille une quinzaine d’entreprises de la chimie, dont des leaders mondiaux comme Elkem, Adisseo, Hexcel, Seqens ou encore Suez.

Les habitants pourront devenir actionnaires…

Or, certaines sur place sont justement de fortes consommatrices de méthanol importé jusqu’à présent. Mieux même : d’après la direction d’Elyse, cette plateforme chimique est l’un des principaux pôle de consommation de méthanol en France.

Le projet qui représente un investissement global d’environ 750 millions d’euros, permettra de relocaliser la production de près de 150 000 tonnes de méthanol renouvelable et d’éviter de la sorte l’émission de 207 000 tonnes par an de CO2.

Actuellement dans le monde, on ne compte pas moins de 60 projets de production de méthanol « vert » ou e-méthanol…

A savoir enfin qu’il sera possible de devenir actionnaire de ce projet pour les habitants de la commune via un financement participatif…

Photo : la plateforme chimique des Roches-Roussillon