Le chantier qui a duré …dix-huit mois n’a pas facilité le vie des riverains, des commerçants et des restaurateurs du cours Brillier à Vienne. Mais c’est fait, ces désagréments sont désormais du passé. La municipalité viennoise avait tenu à inaugurer de manière festive, samedi 3 octobre cette nouvelle entrée de Vienne profondément réhabilitée, bref, en fanfare, au sens propre comme au figuré….

C’est en effet au son de l’orchestre Transmusical-orchestre de Vienne que s’est déroulée l’inauguration du cours profondément remanié, avec d’abord un petit concert au bas du cours, près de l’Office du Tourisme ; puis ensuite devant l’ancienne « casquette », rebaptisée place Rambaud, avec dévoilement d’un lutrin, avant que n’interviennent les discours…

Entouré de Rémy Darroux, sous-préfet de Vienne, en présence de Patrick Curtaud, vice-président du Département de l’Isère, de nombreux élus et conseillers municipaux et de Clémentine Lucas, la cheffe de projet qui a mené les travaux de bout en bout ; et ce, devant plusieurs centaines de personnes, habitants du quartier, commerçants, restaurateurs, Thierry Kovacs a d’abord rappelé les quatre objectifs poursuivis par ces travaux.

« Il s’agissait d’abord de faciliter les déplacements avec la création d’un couloir dédié aux180 bus qui franchissent chaque jour le cours, la création d’une voie verte pour les cyclistes et un élargissement des trottoirs pour les piétons ».
« Le second objectif était d’améliorer le cadre de vie en créant des lieux où on a envie de déambuler et de se poser, avec 938 m2 de terrasses. »
Troisième objectif cité par Thierry Kovacs : « préparer l’avenir pour cinquante ans, et cela ne se voie pas car nous en avons profité pour changer la totalité des réseaux souterrains : eaux potables, sans fuites désormais, eaux usées, téléphoniques, etc. en intégrant une séparation des eaux de pluie et des eaux usées et en plantant 4 500 végétaux, arbustes et 50 arbres. »
Enfin quatrième objectif, « favoriser en rendant la ville plus agréable, plus arborée, le développement du tourisme et de l’économie viennoise, tout en renforçant la sécurité par l’installation de bornes escamotables aux points stratégiques »
Un investissement de 8,5 millions d’euros
Enfin, le maire de Vienne revint sur le lourd investissement qu’ont représenté ces travaux : 8,5 millions d’euros TTC.
Et ce pour rappeler « qu’heureusement, Vienne Condrieu Agglomération et la Ville de Vienne, principaux maîtres d’ouvrage des travaux n’étaient pas seuls à porter financièrement les travaux, puisque qu’ils ont bénéficié aussi de 1,8 M€ de fonds européens à travers le FEDER, de 1,250 M€ de l’Etat dans le cadre des « Mobilités activités et d’Action Cœur de ville » et enfin de 32 000 euros (vélos) et 171 000 euros (chaussée) du Département de l’Isère.
De belles découvertes archéologiques
Sans grosse surprise, cette réhabilitation du cours a permis la découverte à travers les fouilles préventives menées par 19 archéologues, d’une mosaïque, d’une cours dallée, de plusieurs ponts, etc. ; sans oublier les rails de l’ancien tramway. Tout ceci sera présenté lors d’une prochaine conférence au Trente » (voir-ci-dessous).
Et maintenant ?
Tout n’est pas encore totalement terminé en ce qui concerne cette entrée de Vienne souligna Thierry Kovacs car il reste encore à inaugurer le monument aux morts en cours de restauration : en bonne logique, ce sera le 11 novembre.
Puis ensuite l’extension de la halte fluviale, au bas du cours. La fin des travaux est prévue en novembre 2026, avant la reprise du terre-plein central de la RN7 d’ici fin décembre.
La place de la Casquette devient place de la caserne Général Rambaud

Enfin, pour faire écho à l’Histoire de Vienne, Thierry Kovacs dévoila un lutrin rappelant la présence à cet endroit la caserne Rambaud.

Elle accueillait avant la 1ère Guerre Mondiale, le 99ème Régiment d’infanterie.
La place dite de la Casquette devient désormais place de la caserne Général Rambaud.
Une place également désormais dotée d’une fontaine avec 13 jets d’eau, « pour rendre hommage à Ophiuchus, le treizième signe du Zodiaque, associé dans la tradition romaine à Esculape, dieu de la médecine et de la guérison… »
Pour les élus d’opposition, Vienne Vivante : « pas à la hauteur des enjeux »
« Les élus municipaux du groupe « Vienne Vivante » tiennent à s’exprimer à l’occasion de l’inauguration du cours Brillier » :
« Le cours Brillier devait être refait, c’est une évidence.
Mais le résultat n’est pas à la hauteur des enjeux et du coût de la rénovation.
Que ce soit pour les vélos, les piétons ou les voitures, les aménagements restent d’un autre temps.
1. Pour les vélos : Aucun itinéraire cyclable n’a été pensé, la piste cyclable s’arrête aux deux extrémités du cours Brillier.
Pour rejoindre la piste cyclable, les vélos doivent rouler sur le trottoir, ce qui est dangereux et contrevient aux recommandations en la matière.
Le passage devant la Poste est particulièrement mal pensé, notamment avec des risques d’accidents avec les piétons et des bordures.
La seule solution sécurisée pour un cycliste est d’emprunter le passage piétons pour rejoindre une piste cyclable qui se termine quelques mètres plus loin…
2. Pour les piétons : La voie piétonne et la voie cyclable sont voisines. Résultat : les piétons marchent sur la piste cyclable et risquent la chute car les bordures de séparation sont peu visibles.
Les traversées sont longues, et les feux pour piétons sont trop courts et peu intuitifs.
La rénovation du Cours Brillier a fait notamment suite à deux accidents mortels avec des piétons ces dernières années. Mais la rénovation n’a pas amélioré ni sécurisé les passages piétons.
Pourtant, nous avions appelé à prolonger les aménagement au moins jusqu’à la gare, dont les accès sont notoirement dysfonctionnels.
3. Pour les voitures : Les voitures se retrouvent également en difficulté et en incompréhension avec les piétons qui traversent comme ils le peuvent, avec les vélos qui ne peuvent pas emprunter l’aménagement cyclable, ou avec les camions de livraison stationnés sur la voirie.
La rénovation du cours Brillier aurait pu servir à apaiser les relations entre les différents utilisateurs de la voie publique, l’occasion a été ratée.
A l’heure où les finances publiques sont mises à mal, mettre autant de moyens et d’énergie pour ce résultat n’est pas acceptable.
Les activités quotidiennes, familiales et amicales sont nombreuses sur cette artère située au cœur de notre Ville : accès à la gare et aux équipements, promenade, terrasses et commerces, manifestations…
Il est regrettable que l’ensemble des usages n’ait pas été intégré dans les réflexions et les réalisations. »


